1 décembre 2022

2022 : Peut-on toujours espérer?

Voici que s’achève l’An 2 de la déchéance du tourisme au Maroc. Voici que nous accueillons une nouvelle année où la tradition bienséante de présenter de « meilleurs vœux » devient un exercice délicat et, plutôt, protocolaire, voire dépourvu de sincérité. Année bis sous le signe d’une crise intenable, où les établissements hôteliers des grandes destinations du pays ne fêteront pas le Nouvel An comme il se devrait, faisant du coup le lit de l’informel, toujours aux aguets pour héberger à prix explosifs, fêter des clients qui ne savent plus où donner de la tête. Une irrégularité qui casse le formel et fortifie l’informel avec la bénédiction involontaire du Gouvernement. Au risque d’être sanctionnés, les hôtels n’attendront pas minuit 31 janvier pour mettre les petits plats dans les grands et célébrer, comme le reste du monde, la nouvelle année! Il faut dire que, pour fêter 2021, ils ne sont pas très enthousiastes, malgré les offres alléchantes de leurs packages. Peu de réservations ont été enregistrées, particulièrement à Marrakech la capitale des fêtes qui, une année de plus, accuse un grand manque à gagner, malgré le courage téméraire de quelques unités qui se contenteront de faire avec pour un semblant de fêtes de fin d’année.
D’ailleurs, le peu d’engouement des marocains pour fêter le nouvel an hors de chez eux, sous peine d’être sanctionnés, les porte à faire des réserves. Peu tentante cette nouvelle année, au même titre que l’achat des cadeaux et victuailles qui a connu une nette régression. Prudence et regard sur la trésorerie en grande partie en sont la cause évidente.
La crise s’est très bien installée.
Les mauvais chiffres de 2021 témoignent de la mauvaise santé du secteur. Car, au-delà de la symbolique des chiffres décadents et des résultats décevants, c’est la maturité, la pérennité et la solidité du secteur qui se trouve sur la sellette.
Pire. L’investissement dans le tourisme au Maroc risque de faire fuir les capitaux, faute de mobilisation du Gouvernement au chevet d’un secteur moribond appauvri. En somme, une crise de confiance alimentée en continu et qui essaime à vue d’œil chez presque tous les opérateurs, les citoyens aussi et nos partenaires surtout.
Que faire alors ? Se laisser aller ? Soyons, malgré tout, optimistes comme auparavant et citoyens résilients comme jamais!
Car on peut se féliciter, malgré les chiffres catastrophiques de 2021, d’événements tout aussi heureux : la solidarité associative, l’implication des professionnels à travers leurs feuilles de route constructives, la nouvelle dynamique de la CNT très active et plus proches des professionnels pour la bonne cause sous la bannière de l’union. Au point que l’on est tenté d’affirmer qu’elle continuera à taper à toutes les portes pour se faire entendre et obtenir gain de cause. Certainement, elle va beaucoup trimer pour ne pas dire, peiner à cause des poches administratives de résistance qui bloquent encore.
Nos vœux ? Que 2022 soit propice à de nouveaux consensus Public-Privé avec, pour unique mise, la bonne santé du produit Maroc, son image et la pérennité de ses opérateurs!

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