6 décembre 2022

Dégâts environnementaux dus aux huileries de Fez-Meknès

Après Oued Rdem traversant Sidi Kacem qui a fait l’objet, depuis samedi dernier, d’une grave catastrophe environnementale et écologique, due au déversement irresponsable, dans le cours d’eau de l’oued, de déchets issus de la trituration d’olives (margine) par des unités installées en aval dans les provinces de Fès et de Meknès, c’est au tour des cours d’eau de la Province de Taounate de subir le même et pire sort de pollution grave due notamment au déversement criminel de ces déchets de la trituration d’Olives (margine) dans les cours d’eau d’oued Sebou,Oued Sra,Oued Sahla et Oued Inaouene entre autres causant ainsi la mort de milliers de poissons dans la région.

Contactée à ce sujet, Mme Bouchra Boussouari, chef de service qualité des ressources en eau au niveau de l’Agence du Bassin Hydraulique du Sebou (ABHS) nous a déclaré que ce phénomène de pollution des cours d’eau au niveau du bassin de Sebou par la margine rejetées par les unités de triturationd’olive est l’une des principales causes de cette mort massive de poissons dans différents cours d’eau et retenues de barrage. Cette année a-t-elle précisé, ce grave phénomène a été relevé au niveau des provinces respectives de Sidi Kacem (à Oued Rdem), Kenitra (au Barrage de Garde) et la province de Taounate (à Oued Sra) ou une grande quantité de poissons a trouvé la mort par asphyxie causé par les margines.

Selon Mme Bouchra Boussouari, la police de l’eau relevant de l’ABHS a entrepris plusieurs actions qui lui ont permis dans ce sens, d’enregistrer plus d’une irrégularité et d’établir des procès-verbauxqu’elle a adressé au tribunal de première instance en guise de poursuite judicaire notamment d’un certain nombre de propriétaires d’unités de trituration.

Pour notre interlocutrice, la pollution d’une province n’est pas nécessairement locale mais issue d’une autre province limitrophe et le cas de Taounate est là puisque la pollution d’Oued Inaouen au niveau de cette province vient surtout de la province de Taza  dont toutes les unités de trituration déversent les margines dans le cours d’eau d’Oued Inaouen qui vient traverser Taounate provocant ainsi l’arrêt des stations de traitement de l’eau potable de Ain Lagdeh, de Mkansa et celle de Ba-Mohamed et ce, à cause de la pollution des cours d’eau par ces margines. Aussi avait-elle ajouté, il y’a au niveau de la province d’El Hoceima et des régions de Ketama et de Chefchaouen des déversements qui se font dans des cours d’eau qui traversent la Province de Taounate qui subit les conséquences de la pollution venant d’ailleurs.

Aussi, en l’absence d’éléments d’information détaillées et précis sur la mortalité massive des poissons et les causes à la bas de celle-ci auprès des services compétent du Centre National d’Hydrobiologie et de Pisciculture d’Azrou que nous avons contacté a ce sujet et qui semblent même pas informés de la catastrophe, nous avons contacté le Chef du CCDREF Taher Souk Mr Yassine qui nous a confirmé qu’une mortalité massive de poissons a été observé au niveau d’oued Sra relevant du Secteur Forestier d’El Haddada, Centre de la Conservation et de Développement des Ressources Forestières (CCDREF) de Taher souket que les espèces touchés par cette pollution (couleur sombre) causée par l’activité oléicole sont le barbeau et la carpe miroir. Pour notre interlocuteur, par manque de matériel,ils ne peuvent définir et mesurer les paramètres physico-chimiques dont : le taux d’oxygène dissous, le ph, la température, les nitrates etles nitrites entre autres paramètres (NDR : choses qui relèventmalheureusement des compétences du CNHP d’Azrou absent de la scène de la catastrophe).

Pour sa part, la Directrice Régionale de l’Environnement de la Région Fès-Meknès Mme El Yacoubi Khadija nous a confirmé, et sans langue de Bois, que La problématique des margines revienne chaque année pendant la période de la compagne oléicole qui s’étale du mois de Septembre jusqu’au mois de janvier, voir même février et que cette problématique prend sa source d’abord et surtout auNon-respect des cahiers des charges environnementales pour les unités crées après l’entrée en vigueur de la loi 12-03 sur les Etudes d’Impact sur l’Environnement (EIE) puis, dans les Unités crées et autorisés avant la loi 12-03, autrement dit non pas fait l’objet d’une EIE et donc non pas de Décision d’Acceptabilité Environnemental (DAE) et par conséquent ne détiennent pas de bassins d’évaporation des margines et même s’ils existent, ils sont sous dimensionnés, mal conçus et dépourvus de dispositifs d’étanchéité.

A ce sujet, nous avons appris que sur instruction du Gouverneur de la Province de Taounate, Mr Saleh Daha, une commission pluripartite a été diligentée Mardi 28 décembre 2021 sur les lieux de la catastrophe écologique pour inspecter les différents cours d’eau de pluie au niveau de la Route Nationale 08 et du pont reliant la commune d’Arghioua à celle de Taounate sur Oued Sra ainsi qu’au niveau du Croisement des deux Chaaba sur la route reliant la commune de Taounate à la vallée Sra et le site des bassins réservés à la collecte des margine où elle a observé (la commission) des traces de cette matière polluante venant de quelques unités de trituration d’olive située dans la commune de Taounate.

Sur la base des constats observés par ladite commission provinciale multipartite, selon la Province de Taounate, il a été proposé de procéder à la fermeture de Trois Unités de trituration d’olive à Taounate conformément à l’article 100 de la loi organique 113-14 relative aux communes ainsi qu’à l’établissement de Procès-verbaux à soumettre au parquet en vue d’une poursuite judiciaire à l’encontre des propriétaires de ces unités.

Reportage réalisé par Mohammed Drihem

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