8 décembre 2022

Les titres sociaux : des outils à promouvoir pour une relance effective des secteurs du tourisme et de la restauration

  • Une conférence a été organisée à Rabat pour promouvoir les bons restaurants et les chèques de vacances.
  • Au Maroc, le bon-restaurant est utilisé par 10.000 personnes alors que les bénéficiaires sont estimés à 500.000 en Tunisie et 4 millions en France.
  • Les bons restaurants sont plafonnés à 30 DH par jour, mais les chèques vacances sont encore inexistants au Maroc et ont fait l’objet d’une proposition de loi.

L’ASMETS (Association Marocaine des Émetteurs de Titres et de Services) dont les membres sont les sociétés Sodexo, Edenred, Up Maroc et Hotelys, a organisé jeudi 12 mai 2022 à l’hôtel View de Rabat une conférence sous lethème« Les titres sociaux, vecteur de relance, de prospérité économique et de création d’emplois ». Plusieurs points focaux des ministères de l’Économie et des Finances, à savoir la DGI, de l’Industrie et du Commerce, Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences et de la Santé et de la protection Sociale ainsi que du Conseil Économique Social et Environnemental ont assisté à ce débat. Aussi, les membres de l’ASMETS et de l’Association Internationale des Titres Sociaux (SVIA) ainsi que des représentants des fédérations professionnels du secteur de la restauration, de la franchise, d’émetteurs des titres sociaux tels que Sodexo, de PME-TPE ont pris part à cette table ronde. Durant ce Forum, L’ASMETS a soumis plusieurs propositions afin que les bons restaurants ainsi que les chèques vacances puissent être proposés d’une manière générale au Maroc. M.  Mehdi Laraki Secrétaire Général de l’ASMETS a commencé le débat par un état des lieux du secteur. Selon M. Laraki, il existe  deux types de titres sociaux : les bons restaurants et les chèques vacances. Pour l’OMS (organisation mondiale de la santé), l’OMT (organisation mondiale du travail) et l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques), les titres sociaux contribuent grandement au bien-être des collaborateurs et à la création d’emplois.

Un grand potentiel à exploiter pour les titres sociaux

« Au Maroc, les titres repas n’ont bénéficié qu’à 10.000 salariés récurrents pour une cible de 1,5 million de personnes dans le secteur privé alors qu’en Tunisie, on compte 500.000 et en France 4 millions », déclare Slim Ben Ammar  président de l’ASMETS. Le bon repas ou bon restaurant est plafonné à une valeur de 30 DH au Maroc que les professionnels espèrent le porter à 60 DH au moins. Il est très apprécié par les salariés qui recourent de plus en plus à la journée continue. En termes de potentiel pour notre économie, le chiffre d’affaires généré par 1.000 bénéficiaires réguliers dans l’année de bons repas (25 jours par mois pendant 11 mois) est de 8,25 millions de dirhams par an. La TVA de 10 % payé à l’Etat équivaut à 825.000 DH et 2,5 % de commission pour les intermédiaires soit 210.000 DH. Qui plus est, le secteur permet de générer des milliers d’emplois dans les secteurs de la restauration et des intermédiaires. En moyenne, chaque centaine de clients génère 6,6 emplois. C’est-à-dire que pour 1.000 bénéficiaires nouveaux de bons restaurants, 66 emplois seront créés. Le potentiel est donc non négligeable. Les bons restaurants peuvent donc s’avérer un levier de relance et de soutien au secteur de la restauration suite à la pandémie du Covid-19.

Une sous-exploitation des bons restaurants malgré ses avantages

Ils représentent plusieurs avantages dont on peut citer la croissance immédiate du chiffre d’affaires du restaurant et la lutte contre le secteur informel puisque les sociétés exigent des documents juridiques (ICE ou RC) pour l’élaboration du contrat d’affiliation et de remboursement direct sur le compte bancaire de l’affilié. L’objectif du bon restaurant est de mettre à la disposition des salariés qui ne disposent pas de cantine, une solution de restauration et d’alimentation sur tout le territoire tout en générant de la création d’emplois au sein des restaurants et en luttant contre l’économie sous-terraine. Pour les entreprises, les bons restaurants permettent de fidéliser les salariés et contribuer à leur bien-être, à leur santé et à leur motivation. Ce système participe également à la stimulation de l’économie locale, la contribution à générer des emplois et augmenter les retombées fiscales pour l’Etat. Pourtant, le recours aux bons restaurants exonérés d’une valeur de 30 dirhams par les entreprises reste faible. Il ne représente que 1 % du volume total des primes repas des entreprises estimé à 1,5 milliard de dirhams. La prime de panier représente, elle, 77 % du volume total des primes repas et la cantine 22 %. Actuellement, les bons restaurants ont démontré d’une manière unanime à travers le monde l’impact économique sur l’ensemble des acteurs concernés.

Un décret en cours de validation pour les chèques vacances/voyages

Les chèques vacances sont, pour leur part, jusque-là inexistants au Maroc. En juillet 2020 et après le confinement dû à la pandémie du Covid-19, les députés à la Chambre des représentants ont émis un amendement, accepté par le gouvernement, concernant les chèques vacances. Le but était de relancer du tourisme interne post-covid 19. Le PLFR prévoit désormais une exonération fiscale. Les parlementaires ont institué une exonération portant sur les avantages et primes accordés aux salariés sous forme de chèques-vacances. Le décret est en cours de validation depuis 2021. Sur les 27 millions de nuitées des établissements classés au Maroc, 30 % reviennent aux marocains soit 7,1 millions de nuitées. Pour une moyenne de 500 dirhams, le chiffre d’affaires réalisé par les touristes nationaux est estimé à 3,55 MMDH. Le potentiel de croissance du tourisme national est important. D’où la nécessité d’accélérer la sortie du décret d’application de la loi concernant le chèque vacances qui permettrait à plusieurs ménages modestes de passer des vacances à moindre coût et aux hôteliers de bénéficier de la manne des entreprises publiques et privées et ainsi dynamiser un secteur toujours en berne. En France, les chèques vacances servent à payer moins cher ses vacances sous forme de carnets de chèques en coupure de 10, 20, 25 ou 50 euros ou de chèques dématérialisés utilisables sur internet uniquement. Les professionnels marocains pensent à enclencher la dématérialisation des titres sociaux pour suivre l’évolution digitale des secteurs du tourisme et de la restauration. Ils gagneront à les adopter pour la création d’emplois et le renforcement de leurs rangs en tant que secteurs économiques générateurs de richesses.

Une vulgarisation des Titres sociaux

L’ASMETS a également partagé des cas pratiques à travers le monde ou les titres sociaux répondent à des besoins spécifiques. Suite à la pandémie Covid 19, certaines habitudes ont été remarquées comme le travail à distance et le service à la personne. Les titres de services peuvent répondre à ces demandes tout en garantissant une traçabilité de ces derniers.

W.M

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