8 décembre 2022

Que vaut la nouvelle feuille de route du tourisme ?

Comme attendu, Madame la Ministre, Fatim-Zahra Ammor, a tenu hier mardi 30 août à Rabat sa première réunion de la rentrée avec la CNT sous les couleurs de la relance à laquelle doivent s’atteler les professionnels et son département dès septembre. Pas de répit, donc, ni pour le ministère ni pour la CNT pour réussir l’énorme challenge qui se profile déjà à travers la tenue d’ateliers thématiques avec la participation des représentants des opérateurs privés afin d’affiner les objectifs et les programmes de mise en œuvre pour chaque filière touristique, et pour cibler les leviers et les projets prioritaires à déployer. Reste toutefois à savoir si les professionnels seront vraiment d’attaque et mentalement disponibles pour assurer comme il faut les ateliers de travail durant les 12 prochaines semaines, en s’impliquant efficacement et réelle motivation. A voir!

Pourquoi pas, du moment que Mme la ministre semble déterminée à redynamiser la mécanique, coûtera ce que cela coûtera…

Nouveau cap qui se dessine alors pour la profession et le produit Maroc après la dite réunion annonçant le lancement des travaux d’une nouvelle feuille de route du secteur où les professionnels seront partie prenante, afin de « renforcer cette dynamique afin d’accélérer le rythme de récupération des performances de 2019, rappelant qu’un plan d’attaque a déjà été mis en place pour augmenter à court-terme les capacités de l’aérien vers le Royaume, pour promouvoir la destination auprès des tour-operators et renforcer sa notoriété auprès des touristes internationaux », dira Mme la Ministre.

Belle intention qui porta le président de la CNT, M. Hamid Bentahar et les professionnels présents à manifester leur enthousiasme en se déclarant prêts à redoubler d’efforts pour que cette relance profite équitablement à l’ensemble des Régions du Royaume.

Une mobilisation pour la bonne cause exigeante et de longue haleine, mais à quel prix ? Là encore, Mme la ministre semble bien connaître son affaire en apportant les réponses qu’attend le collectif professionnel. En effet, tel qu’annoncé dans la réunion, la stratégie du secteur reposera sur trois principaux axes à savoir le renforcement de l’aérien à travers l’augmentation de la capacité et la multiplication des vols point à point, l’alignement de l’offre touristique à la demande nationale et internationale, et enfin la stimulation de l’investissement public/privé autour de leviers prioritaires dont l’animation et l’écotourisme. Ceci sera permis par la préparation collégiale de la feuille de route stratégique 2026-2030 du secteur visant à doubler le nombre de touristes à l’horizon 2030 pour atteindre 26 millions de touristes. Peut-être qu’il aurait été plus réaliste que la feuille de route prenne son élan dès 2023 et non 2026 qui semble très lointaine pour enclencher la dynamique escomptée et qui survient à la veille des élections nationales de 2027. Ce qui veut dire que la feuille de route risque de subir des aléas indésirables d’abandon probable par la future administration du tourisme ou son maintien. Le risque plane quand même…

Quoiqu’il en soit, cette rencontre a ainsi permis de présenter une première étape de diagnostic réalisé par le cabinet Naos, dont les principaux enseignements montrent des mutations importantes au niveau de la demande nécessitant un réel ajustement de l’offre. Constat communément partagé par la Cnt et l’Onmt au lendemain de la crise. Justement, la réunion a aussi été l’occasion de revenir sur les propositions à court et moyen terme de la CNT pour la relance du secteur touristique. Un travail expert de fond apporté par les fédérations de métiers membres et âprement défendu par la Confédération.

Point important de la réunion à compter au crédit de Mme la ministre, quand elle a appelé « la nécessité de changer le paradigme de la gouvernance du secteur, en intégrant un partenariat public-privé fort et des relais au niveau territorial ». Déclaration espérée depuis longtemps par les forces vives associatives des professionnels, largement répercutée à travers le fameux et très scientifique « rapport du Comité des experts », demeuré lettre morte depuis sa réalisation malgré la pertinence de son contenu peut-être dérangeant mais réaliste.

Autrement, la réunion aura permis aux présidents des fédérations de métiers (Excepté le MTMC et la FLASCAM) et CRTs présents (sauf  Fez-Meknès, Tanger-Tétouan Al-Hoceima, Agadir Souss-Massa, Oriental, Ouarzazate, Dakhla et Guelmim Oued Noun, d’assurer des interventions de qualité en parfaite synergie avec les objectifs de la CNT,

Soyons quand même optimistes, à la mesure de l’optimisme affiché par les professionnels après le déroulé de la réunion. Pourvu que le cabinet mandaté Naos pour la rédaction finale de la feuille de route soit pleinement doté d’expertise pour ne pas faire de déçus. Car il s’agira d’un programme à suivre en toute sérénité, une sorte de vision 2030 nuancée, après les déboires des visions 2010 et 2020 qui manquaient de visibilité réaliste…

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