9 décembre 2022

REPORTAGE : Belle expérience du MTMC à l’hôtel Widiane et ses environs

Un week-end pas comme les autres à Bin El Ouidane sous les couleurs du MTM club au somptueux hôtel Widiane au cœur d’une région qui respire l’environnement à pleins poumons et à pleins sens, à l’occasion de la tenue de sa convention annuelle. Le Club a tenu à faire vivre ses membres une expérience exceptionnelle, à travers la programmation, du vendredi 18 au dimanche 20 novembre, d’activités assez originales dans l’ensemble, en marge de ses travaux dans la matinée du samedi.

Récit…

JOUR 1

Ce n’est que le vendredi après-midi que les membres du Club commençaient à arriver au Widiane, accessible par 3 itinéraires : Par Wawizeghte, ancienne route pittoresque menant de Béni-Mellal, ou par Afourer, route étroite, plus longue et tortueuse actuellement en agrandissement, sinon par Azilal, plus praticable. Mais quelle que soit la route prise, la belle récompense attendait les convives une fois au Widiane, leur faisant oublier les contraintes de trajet qu’ils auraient vécu. En effet, bâti en hauteur avec 2 vues : lac Bien El Ouidane devant et montagne escarpée en vis-à-vis derrière. Dans l’ensemble, l’établissement s’avère une véritable œuvre d’art moderne grand luxe, dessinée par le maître des lieux Youness Laraki, homme d’affaires du BTP et fin connaisseur des belles ouvrages qui compte à son actif plusieurs réalisations, dont le fameux pont à haubans de Sidi Maarouf et autres. Tout est conçu tel un rêve, une passion de plaire qui font que Widiane n’est pas seulement un hôtel qu’on visite mais qu’on déguste du début à la fin.

Rassemblement est donné au restaurant Safran vers 20 heures dans l’espace privatif et chic. Tous les voyagistes du Club étaient là avec leur ambiance bon enfant avec, à leur accueil, Y. Laraki et la très estimée Béatrice Lallemand. Des instants pur bonheur partagés avec cette grande professionnelle que tout le collectif connaît très bien depuis qu’elle était au Mazagan Beach & Golf Resort. Des mots de bienvenue fair-play ont été adressés à tous les invités pour annoncer une soirée dînatoire fort conviviale, autour d’un dîner gastronomique finement élaboré par le jeune Chef Exécutif Hamza au palmarès culinaire brillant. Un premier rendez-vous qui renseigne amplement sur la suite réservée par les équipes de l’hôtel.

JOUR 2

Le lendemain samedi, le jour j du calendrier du Club. Les travaux de la convention annuelle avaient débuté vers 9h 30, après un super petit déjeuner au restaurant La Veranda sis au 5ème étage avec vue superbe sur le lac et ses environs et dont le niveau a beaucoup rétréci.

Après une présentation introductive de la séance, comme d’habitude magistrale et fair-play du sympathique et talentueux Mohammed Setti, le Président du MTMC, le charismatique Azzeddine Skalli toujours serein, a tenu particulièrement à adresser les vifs remerciements des membres à Youness Laraki pour son hospitalité tout en rendant hommage à sa créativité en réalisant ce joyau de l’hôtellerie qu’est le Widiane, tout en reconnaissant chez lui son sens élevé des valeurs humaines et l’amour de son prochain, qualités que A. Skalli qui se marient à merveille avec ses compétences avérées de professionnel de promoteur dans le tourisme qui « ne lâche pas le morceau ». Et de poursuivre : « Y. Laraki a sans doute accompli un travail formidable qui force l’estime en plus de sa ténacité loin de la chaise vide », a-t-il commenté.

En termes de produit touristique markettable, le Président du MTMC a relevé que les DMC marocaines ont énormément d’idées à capitaliser pour vendre la destination après identification complète du type de produit et la mise en place d’offres team-building, sans oublier le contact avec la population dépourvu de cette vision réductrice du phénomène voyeur, considération prise de la situation de précarité qui sévit dans la région. « Nous avons sans cesse privilégié la proximité humaine avec les populations locales dans les localités où MTMC se rend, se traduisant par des actions sociales au bénéfice des ruraux », souligne t-il.

Juste après l’intervention du Président du Club, une présentation succincte mais très édifiante a été donnée par la Directrice générale du CRT Béni-Mellal Khénifra dans laquelle elle a fait état des différentes niches touristiques dont dispose la destination et l’action menée par le Conseil pour la capitaliser davantage avec les partenaires institutionnels, dans le cadre d’un GAP Béni-Mellal Khénifra équilibré et qui se complète, tournant autour de l’environnement noyau nodal de l’offre produit, bien que la capacité litière régionale ne compte que 1800 lits classés et un manque flagrant de packages.

Intervenant à son tour, Patrick Simon , professionnel aguerri très connu par ses positions défendant la durabilité touristique, a mis en valeur les acquis naturels évidents de la région qui dispose de 2 parcs nationaux qui manquent malheureusement de promotion, posant une fois de plus la problématique de la gouvernance. Mais au-delà ce sa vocation touristique, insiste t-il, celle-ci est également un berceau civilisationnel à forte mémoire historique, manifeste dans la cohabitation entre musulmans et juifs. « Bien entendu, le tourisme est appelé tôt ou tard à se développer dans la région mais, à condition que ce développement n’altère pas l’identité spécifique et la dignité populaire régionale », recommande t-il.

Quant à Mustapha Moufid, expert de premier ordre dans le tourisme et Président de l’honorable AMEST, il s’est fait un droit de déclarer que la formation dans le domaine constitue l’épine dorsale de toute ambition d’émancipation et de prospérité de l’entreprise touristique, notamment celle d’agent de voyages, parent pauvre, selon lui, des cursus de formation. A ce sujet, il se réfère à la 1ère édition du congrès des agences de voyages tenu à Agadir en février dernier à l’issue duquel plusieurs orientations stratégiques ont été adoptées, dont la réinvention du Business Model de l’Agence de Voyages, la valorisation du Capital Humain et  Management des Talents, ainsi que la conception et mise en œuvre d’un modèle de Transformation Digitale, adapté à l’agence de voyages, notamment de type TPE. Dans le même sens, il a relevé des manquements dans la formation continue en tourisme, observée dans l’absence d’une stratégie nationale d’offre de formation continue et d’une concertation nationale Public-Privé, au même niveau que l’absence d’un cadre réglementaire/organisationnel de référence et de structures de coordination/gestion de la formation continue au sein des établissements de formation initiale. Mais ce qui, à son avis, est aussi représentatif côté lacunes, c’est incontestablement la faiblesse des mesures/instruments/dispositifs nécessaires  pour le développement et l’amélioration qualitative et quantitative de la formation continue.

Dans le même ordre d’idée, il a également soulevé plusieurs autres lacunes constatées dans les systèmes de formation touristique comme suit :

-Un dispositif embryonnaire, éclaté…;

-Insuffisance des ressources matérielles, logistiques et humaines mobilisées pour encadrer les activités de formation continue ;

-Faible utilisation des fonds mobilisés par les GIAC et lourdeur des procédures ;

-Faible intervention des professionnels dans les actions de formation ;

-Les pratiques de perfectionnement sont majoritairement liés à une impulsion interne à l’entreprise et relèvent rarement  de programmes sectoriels ;

-Certaines offres de formations relèvent d’initiatives à caractère opportuniste ;

-Absence d’une structure de formation des formateurs ;

-Absence d’une dynamique intergénérationnelle (remobilisation des compétences, talents et expertises après départ à la retraite) ;

-Absence d’une démarche de VAE (Validation des Acquis de l’Expérience);

-La formation continue n’est pas assez au cœur des priorités des agences;

-Tous les observateurs sont unanimes : le secteur a du retard en la matière ;

-Les premières concernées sont les petites agences indépendantes de moins de dix salariés, soit une bonne partie des distributeurs ;

-La chaîne de formation et de recrutement des ressources humaines connaît de nombreuses défaillances.

Au vu de ces manquements, Quels Dispositif, modèles et outils de formation continue devraient être mis en place pour rectifier le tir? M. Moufid pense que le « processus de formation doit d’abord reposer sur diverses méthodes d’apprentissage, notamment la formation en ligne, la formation en face à face, la mise en situation professionnelle. Parallèlement, il faudrait plutôt privilégier les approches pédagogiques dynamiques et innovantes qui font la part belle au digital, tout en avantageant la pédagogie hybride et inversée, des contenus personnalisés et sur mesure, le développement d’outils à destination des formateurs. Aussi, veiller à mettre à profit un modèle pédagogique repensé avec une offre d’outils «nouvelle génération»

Généralement, des interventions édifiantes marquées par un esprit d’observation critique et fusionnel dont ont fait preuve tous les participants.

La matinée fut clôturée par une cérémonie de signature de partenariats avec l’AMEST et Widiane pour le développement de coopération répondant aux objectifs mutuels des signataires.

Après quoi, tout le collectif a été invité à déjeuner à « La Réserve », un espace en haute montagne difficile à deviner l’existence dans le village d’Anounichou à 800 mètres d’altitude, défini comme escale des chasseurs à 20 minutes de piste escarpée du Widiane, propriété également de Youness Laraki, avec son héliport, 2 chambres et une vaste esplanade où domine un vaste restaurant dont une partie du mobilier est, nous confie t-on, de provenance thaïlandaise, du que Laraki est consul honoraire de Thaïlande. Lui aussi chasseur, il a offert aux membres du club des séances de tir où la plupart s’en sont donnés à cœur-joie. C’st à ce moment que des talents cachés se sont révélés chez nos amis voyagistes, particulièrement Jalil Madih qui a fait mouche à presque chacun de ses tirs. D’autres, plus téméraires mais peu chanceux, s’en sont sortis avec l’épaule endolorie et des coups ratés.

N’empêche que les instants passés avec les membres du Club ont été une expérience inédite. Admirable de voir des voyagistes communier dans la responsabilité de la sorte et forcer l’estime. Dotés de fair-play spontané, ils ont démontré qu’ils étaient des bons vivants et plein d’humanité. Car juste après la descente, une délégation s’est rendue dans les environs, rendre visite à Dar Taliba, dans le cadre des actions sociales du Club.

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