Ce que nous apprend Le Guide Ultime de la CAN 2025

On serait presque tenté de dire que, dès ses premières pages, Le Guide Ultime de la CAN 2025, très complet d’ailleurs, est plutôt un outil de projection stratégique, dédié, à la fois, aux acteurs du football, aux médias internationaux, aux sponsors et aux territoires hôtes. Sa structure, alternant données sportives, analyses économiques, dispositifs logistiques et descriptifs urbains, dénote d’une volonté assumée d’intégrer la CAN dans un écosystème global, et non plus seulement dans un événement ponctuel.

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Le choix éditorial est assez intelligent et qui sous-tend que la compétition n’est jamais isolée de ses impacts économiques, culturels ou géopolitiques.

Ce qui frappe, c’est l’absence de triomphalisme naïf. Le document reconnaît implicitement que le format à 24 équipes est un test de maturité pour la CAF avec plus d’opportunités sportives, certes, mais aussi plus de risques logistiques.

L’analyse des dotations financières est parmi les passages les plus instructifs du Guide. Le saut de 500 000 USD pour le vainqueur en 2000 à 7 millions USD en 2023, maintenus et consolidés pour 2025, marque l’entrée définitive de la CAN dans le champ des compétitions sportives à forte valeur économique.

Plus encore, le guide met en lumière un indicateur souvent sous-estimé : l’explosion des revenus issus de la billetterie et du numérique, avec une hausse de plus de 800 % en 2023.

Les chiffres d’audience, près de 2 milliards de téléspectateurs, diffusion dans 180 pays, domination sur TikTok, sont utilisés pour démontrer que la CAN a changé de statut symbolique.

La partie consacrée au Maroc est l’une des plus abouties du guide. Elle démontre une capacité d’ingénierie événementielle intégrée, fondée, d’abord, sur l’nfrastructure sportive modernisée, avec des stades rénovés ou neufs répondant aux standards CAF et FIFA, sur la logistique centralisée et rationalisée, ensute, notamment à travers l’innovation majeure des camps de base fixes pour les 24 sélections et, enfin, sur la connectivité territoriale, appuyée par le TGV Al Boraq, les aéroports régionaux et les réseaux urbains.

L’introduction de camps de base fixes pour chaque sélection constitue probablement l’une des avancées les plus structurantes de cette CAN.

Ce choix, inspiré des standards FIFA, signale une évolution profonde du bien-être du joueur qui devient une variable incontournable, et non plus un luxe organisationnel. Peu de documents officiels africains ont jusqu’ici accordé une telle place à cette dimension.

Le ballon officiel ITRI, inspiré du zellige marocain, et la mascotte Assad, lion de l’Atlas, ne sont pas pris dans leur côté folklorique décoratif. Le guide les inscrit dans une dimension de storytelling assumée plutôt, où l’esthétique devient un langage.

Là encore, l’approche est contemporaine dans l’identité visuelle, la continuité de marque, la projection vers les jeunes générations et le numérique.

Ce guide n’est ni neutre ni innocent  et c’est précisément sa force. Il assume la vision d’une CAN devenue marque mondiale, outil de soft power africain et facteur de développement économique.

Sa grande réussite réside dans l’équilibre entre ambition et lucidité. Il célèbre les succès sans occulter les défis de complexité logistique, d’exigences de gouvernance, nécessité d’un accès équitable pour les médias et les supporters.

En filigrane, une conviction se dégage d’une CAN désormais en phase de consolidation, où le Maroc est le maître-artisan.

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