Demain vendredi 16 janvier 2026, à Rabat, un atelier introductif consacré au tourisme durable réunit institutions publiques, professionnels du secteur et experts de l’environnement. Organisée par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, en partenariat avec l’ONMT et la CNT, cette rencontre aura à décliner l’approche marocaine de la transition écologique appliquée au tourisme.
Avec la dynamique de croissance que notre destination connaît, les intervenants dans le secteur nourrissent l’ambition légitime de concilier justement cette croissance touristique avec préservation des ressources naturelles ?
D’ailleurs, comme d’autres destinations à forte fréquentation, le Maroc fait face à des tensions croissantes sur l’eau, l’énergie, la gestion des déchets et la biodiversité, dans un contexte aggravé par le changement climatique. L’enjeu touche désormais à la soutenabilité économique du modèle touristique lui-même.
L’originalité de l’approche marocaine réside dans le déplacement du débat. En effet, plutôt que de multiplier les normes, les autorités misent sur le renforcement des capacités humaines et organisationnelles, l’atelier vient à point nommé pour devenir un espace de diagnostic partagé.
À travers des formats interactifs et des sessions participatives, les professionnels du tourisme sont invités à exprimer leurs besoins réels en matière de formation : gestion efficiente de l’eau, sobriété énergétique, réduction de l’empreinte carbone, intégration des communautés locales, ou encore conception de produits touristiques à faible impact environnemental.
Cette démarche reconnaît une réalité souvent occultée dans les stratégies de durabilité, à savoir la transition écologique échoue lorsqu’elle n’est pas comprise, appropriée et traduite en pratiques opérationnelles par les acteurs de terrain.
Le cycle de formation qui émergera de cet atelier s’inscrit dans la continuité de la feuille de route touristique marocaine 2023-2026 et du Nouveau Modèle de Développement du pays. Il prévoit l’élaboration d’un guide de référence, la digitalisation des contenus pédagogiques et un déploiement progressif à l’échelle nationale dès 2026.
En plus des solutions techniques déjà mises en œuvre dans certains établissements -recyclage des eaux usés, recours aux énergies renouvelables, tri sélectif, sensibilisation des clients- l’objectif est d’installer une culture de la durabilité intégrée dès la conception des projets touristiques.
À l’heure où de nombreuses destinations cherchent encore à arbitrer entre attractivité et responsabilité environnementale, l’initiative marocaine attire donc l’attention par son pragmatisme.
En choisissant de faire de la formation un pivot central de sa stratégie touristique durable, le Maroc envoie un message porteur à ses partenaires internationaux et dont la teneur se résume à ce que la compétitivité touristique de demain se jouera autant sur la qualité des expériences proposées que sur la capacité des destinations à préserver leur capital naturel.



