Bouskoura Park et Radisson repositionnent le tourisme d’affaires à Casablanca

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Le lancement officiel du Resort Bouskoura Park dans la province de Nouaceur constitue un autre signal fort de la recomposition en cours du paysage hôtelier et économique du Grand Casablanca. L’implantation annoncée d’un établissement Radisson 5 étoiles, adossée à un complexe multifonctionnel de plus de 5,3 hectares s’inscrit évidemment dans une logique territoriale, économique et concurrentielle quasi certaine.

Longtemps perçue comme une extension résidentielle premium de Casablanca, Bouskoura Ville Verte amorce une mutation touristique plus ambitieuse. Le projet Bouskoura Park intervient justement pour faire de cette zone un territoire de convergence entre affaires, hôtellerie haut de gamme et bien-être.

La localisation du projet est, à cet égard, tout sauf un bouche-trou. À proximité immédiate de la forêt de Bouskoura, du Golf Casa Green Town et des principaux axes reliant Casablanca Finance City, Nouaceur et les zones industrielles du sud, le site coche les critères recherchés par les chaînes internationales ciblant le MICE.

L’arrivée de Radisson Hotel Group dans ce périmètre précis confirme, en effet, l’intérêt croissant des grandes enseignes internationales pour des localisations périphériques à forte valeur ajoutée, capables de proposer une expérience intégrée en termes d’hébergement, réunions, détente et services annexes.

Toutefois, le marché du tourisme d’affaires à Casablanca est-il prêt à absorber une nouvelle offre 5 étoiles en périphérie immédiate ?

Ces dernières années, la métropole a vu se multiplier les établissements de bonne qualité, souvent concentrés autour du centre-ville, de l’Anfa Place, de Sidi Maârouf ou de Casa Nearshore. Bouskoura Park devra donc se différencier par le standing, certes, mais aussi par sa capacité à capter des événements corporate, des congrès régionaux et des séminaires internationaux, dans un environnement plus apaisé et fonctionnel.

Avec un investissement annoncé de plus de 300 millions de dirhams et l’annonce de plus de 500 emplois directs et indirects, le projet s’inscrit ainsi dans la rhétorique classique des grands projets hôteliers. Mais l’enjeu réside, surtout, dans la qualité des emplois créés, leur pérennité et leur intégration dans le tissu local de Nouaceur et de Bouskoura.

Le recours à une marque internationale impose, incontestablement, des standards élevés en matière de qualification des équipes, de gestion et de services. Reste à savoir dans quelle mesure ces standards bénéficieront réellement aux ressources humaines locales, ou si l’essentiel des postes à forte valeur ajoutée sera capté par des profils déjà formés dans les grands hubs hôteliers du pays.

Le programme du Resort Bouskoura Park, hôtel 5 étoiles, centre de conférences, pôle sport et bien-être, espaces de loisirs, reflète une tendance lourde du tourisme d’affaires post-pandémie déterminant la recherche d’expériences plus équilibrées, mêlant travail, santé et nature.

Dans ce sens, la proximité immédiate de la forêt de Bouskoura constitue un avantage comparatif réel, à condition qu’elle ne reste pas un simple argument marketing. La question de la durabilité environnementale, de la gestion de l’eau, de l’intégration paysagère et de l’impact sur les écosystèmes locaux devra être suivie avec attention, dans un contexte où les projets touristiques sont de plus en plus scrutés sur leur cohérence écologique.

En toile de fond, Bouskoura Park s’inscrit dans une bataille plus large de la compétitivité de Casablanca face à d’autres hubs africains et méditerranéens du tourisme d’affaires, tels que Tunis, Dakar ou même Kigali, très offensif sur le segment des congrès internationaux.

Quoiqu’il en soit, le projet est appelé à renforcer l’attractivité globale de la destination Casablanca, à condition qu’il s’intègre dans une stratégie coordonnée entre collectivités territoriales, opérateurs privés, CNT, FNIH, ONMT et acteurs du transport et de l’événementiel.

Remarque : Bouskoura Park ne doit pas être jugé uniquement à sa cérémonie de lancement ou de son budget. Son succès dépendra plutôt de sa capacité à créer un véritable pôle de destination, et non un simple hôtel de plus dans un marché déjà concurrentiel.

À défaut, il risquerait de rejoindre la longue liste des projets ambitieux dont l’impact réel reste en deçà des engagements initiaux.

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