Le Ritz-Carlton Rabat s’assume pleinement en articulant son offre Ramadan autour d’une notion de voyage intérieur et culturel inspiré des récits d’Ibn Battuta.
L’architecture même du resort, inspirée des palais royaux et du style mauresque, nichée dans plus de 440 acres de forêt de chênes, s’y prête adéquatement et sert de toile de fond à cette narration historique. L’établissement tend à être un « sanctuaire » où la temporalité du Ramadan structure l’expérience client avec une rupture du jeûne ritualisée, prolongement nocturne apaisé, activités de reconnexion physique au crépuscule et parcours artistique interne.
D’ailleurs, ce type de programmation correspond à une évolution notable du luxe hôtelier au Maroc par la transformation du Ramadan en saison d’appoint, comparable en termes de revenus et de visibilité à certaines périodes touristiques fortes, notamment pour la clientèle domestique premium et régionale du Golfe.
Au beau milieu du dispositif, le restaurant signature Rihla représente l’iftar de destination. Le concept culinaire y devient une cartographie gustative reliant Maroc, Turquie, Perse, Levant et Asie. Chaque plat se transforme en « escale », avec une mise en scène sonore assurée par des musiciens traditionnels et une architecture intérieure aux voûtes monumentales.
Tarif annoncé : 750 MAD par personne, service à table. Ce niveau de prix positionne clairement l’offre sur le segment premium supérieur du marché marocain du Ramadan, où l’on observe depuis 2023 une montée en gamme progressive des iftars dans les hôtels cinq étoiles.
Le restaurant Lumen propose une alternative sous forme de buffet iftar à 695 MAD par personne. L’intérêt réside dans le dispositif scénographique de lumière du restaurant qui évolue au fil de la journée, créant une atmosphère quasi cinématographique qui accompagne la transition du jeûne à la nuit.
L’offre culinaire y privilégie la fraîcheur méditerranéenne et produits locaux, ainsi qu’une animation live pour maintenir une dimension conviviale.
L’un des points forts les plus intéressants de la programmation 2026 concerne l’après-iftar. Au Lobby Lounge, le Ritz-Carlton introduit « Les Heures en Velours », un rituel nocturne centré sur la pâtisserie contemporaine.
Le chef pâtissier Vincent Denis propose notamment une basboussa revisitée au lait épicé et confiture de lait et une assiette signature « Time for Delicacies » composée de trois créations exclusives.
Tarif : 1400 MAD pour deux personnes.
Autre signal intéressant réside dans l’intégration d’une séance de pilates au crépuscule animée par Leyna Zniber, suivie d’un iftar équilibré au restaurant Lumen.
Tarif : 1050 MAD par personne, places limitées.
Cette formule adopte un Ramadan « wellness » pour une clientèle urbaine aisée recherchant équilibre et discipline douce.
L’exposition « Sur la Route des Rêves » de l’artiste Monsieur G., installée entre lobby, restaurant et espaces de circulation, constitue un autre élément original qui transforme le déplacement dans l’hôtel en parcours à vivre.
L’offre Ramadan 2026 du Ritz-Carlton Rabat, Dar Es Salam ne se limite pas à une succession d’iftars gastronomiques. Elle s’inscrit dans une évolution plus profonde de l’hôtellerie de luxe au Maroc : la transformation du mois sacré en laboratoire d’expériences culturelles.
À Rabat, le Ritz-Carlton semble avoir compris que, pendant Ramadan, le luxe se jauge, certes, à l’opulence mais aussi à la qualité de l’attention portée au temps, au sens et à l’émotion.



