S’achemine t-on vers une surcapacité hôtelière avant 2030?

Partout dans notre pays, les projets hôteliers se multiplient, de nouveaux resorts, extensions de capacités, rénovation de palaces historiques, développement de resorts balnéaires et de complexes lifestyle.

Tandis que dans les cercles professionnels du tourisme, une inquiétude commence à circuler, le Maroc risque-t-il de construire trop d’hôtels, trop vite ?

Normal que l’attribution de la Coupe du Monde de football 2030 ait déclenché une véritable ruée vers l’investissement touristique. Plusieurs grandes chaînes internationales accélèrent leur implantation, dont Marriott International, Hilton, Hyatt Hotels Corporation, Accor, etc.

Parallèlement, les groupes nationaux continuent d’étendre leurs portefeuilles, notamment Kenzi Hotels Group, Valeria Hotels & Resorts, Atlas Hospitality, etc.

Cette dynamique s’explique d’elle-même. Les investisseurs anticipent une explosion de la demande touristique d’ici 2030 et une visibilité internationale accrue et une modernisation massive des infrastructures.

Depuis dix ans, Marrakech connaît une croissance spectaculaire de son parc hôtelier, avec l’arrivée de nombreuses enseignes internationales et l’expansion continue des maisons d’hôtes et des locations touristiques.

Cette dynamique a transformé la destination en véritable destination touristique mondiale. Toutefois, elle entraîne aussi plusieurs phénomènes, parmi lesquels une concurrence accrue entre établissements, doublée d’une pression sur les tarifs moyens et la multiplication effrénée des promotions en basse saison.

Dans la réalité, à certaines périodes de l’année, le taux d’occupation peut fluctuer fortement, obligeant certains établissements à ajuster rapidement leurs prix.

L’autre facteur qui accentue la pression sur le marché hôtelier est certainement la montée en puissance des plateformes de location.

Des plateformes comme Airbnb ou Booking.com ont profondément transformé l’offre d’hébergement dans les villes de Marrakech, Essaouira et Casablanca.

Des milliers d’appartements et de riads sont désormais proposés aux visiteurs, créant une capacité d’hébergement parallèle difficile à mesurer précisément.

Cette concurrence a du fragiliser certains hôtels traditionnels, notamment dans les segments milieu de gamme. Plusieurs destinations touristiques ont d’ailleurs déjà connu ce phénomène.

Heureusement, face à ces risques, la stratégie touristique marocaine repose de plus en plus sur la diversification. L’objectif étant de développer de nouveaux pôles pour absorber la croissance future, comme Rabat, Tanger, Dakhla et Ouarzazate. Pourquoi pas ? Du moment que ces destinations peuvent contribuer à répartir les flux touristiques et réduire la pression sur les marchés déjà matures.

Enseignement : comment transformer l’élan d’investissement actuel en un modèle touristique équilibré et rentable sur le long terme ?

Les records d’aujourd’hui ne garantissent jamais la stabilité de demain.

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