Madaëf Management a récemment obtenu le label « Société Sportive » 2026. Décernée par Fédération Marocaine des Professionnels du Sport, cette distinction est certainement méritoire, consacrant ce label qui a été créé en 2024 par la commission « Sport en entreprise » de la FMPS, ayant pour objectif de distinguer les sociétés qui intègrent concrètement l’activité physique dans leur culture interne, comme les événements sportifs, le financement d’abonnements, l’aménagement d’horaires, les infrastructures, les campagnes de sensibilisation ou le soutien à des collaborateurs engagés dans une pratique régulière.
Le cas de Madaëf Management mérite pourtant d’être regardé de plus près. Car la filiale chargée d’accompagner et de piloter une partie des actifs touristiques du groupe Madaëf ne parle plus du sport comme d’un simple supplément de bien-être. Elle en fait désormais un pilier revendiqué de sa culture d’entreprise.
Dans la plupart des entreprises marocaines, le sport au travail reste encore un gadget périphérique : un tournoi de football improvisé une fois par an, quelques maillots floqués, une photo collective sur Instagram et retour aux dossiers.
La future ascension du Mont Toubkal, prévue en juin 2026, illustre parfaitement cette logique. Il s’agit d’une opération de cohésion soigneusement orchestrée. Une trentaine de collaborateurs devraient prendre part à cette expédition vers le plus haut sommet d’Afrique du Nord, avec, selon les premiers éléments communiqués en interne, une dimension à la fois humaine, collective et solidaire.
Trop souvent, les entreprises marocaines importent leurs modèles de team-building depuis l’étranger, en particulier un séminaire dans un resort, un atelier de leadership, une randonnée formatée. Madaëf Management choisit au contraire un symbole profondément marocain, presque identitaire. Le Toubkal, ce n’est pas seulement 4 167 mètres d’altitude. C’est un imaginaire national fait d’effort, d’endurance, de dépassement et de solidarité. Une montagne où l’on ne progresse jamais seul.
Et encore, le tourisme et l’immobilier touristique marocains entrent dans une période de concentration extrême sur les ressources humaines. D’ici à la 2030 FIFA World Cup, le secteur va devoir recruter, fidéliser et retenir des milliers de collaborateurs dans un contexte où la concurrence pour les talents s’intensifie. Les groupes qui réussiront ne seront pas forcément ceux qui paieront le plus, mais ceux qui construiront un récit interne plus fort, une culture plus lisible, un sentiment d’appartenance plus solide.
Le label reçu par Madaëf Management est donc moins une récompense qu’un signal adressé au marché, aux salariés et aux futurs candidats. Ici, l’entreprise veut être perçue comme un employeur capable de créer autre chose qu’un simple contrat de travail.
Les critères du Label « Société Sportive » vont d’ailleurs dans le sens de la promotion du sport féminin, l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, la flexibilité des horaires, le soutien financier aux collaborateurs et la création d’espaces dédiés. Pour être labellisées, les entreprises doivent démontrer un engagement réel et durable, au-delà de la communication.





