Hôtels fermés à Agadir: le Maroc tente de récupérer sa capacité touristique perdue

L’autre réalité des hôtels qui ont disparu du marché pendant plusieurs années et dont la remise en activité reste aujourd’hui un chantier prioritaire, continue de peser de tout son poids..,

La ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, a indiqué que plusieurs établissements fermés à la suite de la pandémie de Covid-19 et de difficultés économiques accumulées font actuellement l’objet d’opérations de réhabilitation et de relance.

À Agadir, 7 grands hôtels totalisant près de 4 000 lits sont concernés. 2 ont déjà rouvert, tandis que les autres poursuivent leurs travaux de restructuration. À Ouarzazate, 8 établissements sur les onze fermés ont repris leur activité.

Si la pandémie a accéléré les fermetures, nombre d’établissements présentaient déjà des fragilités avant 2020 dues à un endettement élevé, un vieillissement des infrastructures, la difficulté à financer les rénovations lourdes ou la perte progressive de compétitivité face à une nouvelle génération d’hôtels mieux adaptés aux standards internationaux.

Le cas d’Agadir est particulièrement symptomatique. Pendant que la station bénéficiait d’importants investissements publics dans les infrastructures urbaines, la promenade maritime ou les équipements touristiques, une partie de son parc hôtelier historique continuait à se dégrader. Certaines unités, construites durant les grandes phases d’expansion touristique des décennies précédentes, n’avaient plus les moyens d’engager les transformations nécessaires pour répondre aux attentes d’une clientèle devenue beaucoup plus exigeante en matière de confort, de connectivité, d’expérience client et de performance.

Comment une destination telle qu’Agadir, qui ambitionne d’accueillir des millions de visiteurs supplémentaires, peut-elle atteindre ses objectifs si une partie significative de sa capacité d’hébergement reste immobilisée ? Qui mieux est, à l’approche des échéances internationales que prépare le Royaume?

Plus généralement encore, combien d’établissements fermés existent encore à l’échelle nationale ? Les chiffres communiqués concernent Agadir et Ouarzazate, mais la problématique touche également d’autres destinations où certains hôtels restent confrontés à des situations juridiques complexes, à des difficultés de financement ou à des besoins de rénovation particulièrement lourds.

Mais combien d’établissements fermés pourront être durablement sauvés? Car les statistiques de fréquentation et les ambitions affichées pour 2030 impliquent aussi la compétitivité du tourisme marocain qui dépend également de sa capacité à remettre en état ce qu’il possède déjà.

En matière d’hôtellerie, le premier investissement n’est parfois pas de construire davantage. Il consiste à empêcher que l’existant ne disparaisse.

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