Du 9 au 11 octobre, la septième édition du Forum international du tourisme de Meknès, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a réuni, au Complexe culturel et administratif du ministère des Habous et des Affaires islamiques, responsables institutionnels, acteurs touristiques et représentants de pays partenaires pour débattre de la capitalisation de la réhabilitation de son patrimoine en une économie touristique durable. Entre l’achèvement annoncé d’un programme de 800 millions de dirhams, la perspective d’un projet muséal et l’émergence d’une coopération culturelle avec l’Italie, plusieurs pistes se dessinent effectivement. Mais le Forum laisse aussi ouverte sur les mesures concrètes qui permettront de convertir cet effort patrimonial en séjours supplémentaires, en recettes et en emplois locaux…
Organisée par l’association Ismaïlia Al Kobra, présidée par Jamal Tazi, avec la participation des acteurs touristiques territoriaux, cette édition a retenu le thème « Meknès, ville royale : des expériences touristiques au cœur d’un patrimoine valorisé».
La cérémonie inaugurale s’est déroulée en présence notamment d’Abdelghani Sebbar, gouverneur de la préfecture de Meknès, d’Abdelouahed El Ansari, président du Conseil régional de Fez-Meknès, de Jamal Tazi et de Moulay Ahmed Sentissi, président du Conseil régional du tourisme de Fez-Meknès. Des représentants diplomatiques, dont l’ambassadrice de Chine au Maroc et la consule générale de France à Fez, figuraient également parmi les personnalités accueillies.
L’objectif affiché est d’examiner comment la richesse historique de Meknès pouvait être transformée en une offre touristique plus structurée, capable de retenir les visiteurs et de profiter à l’économie locale.
Dans son intervention inaugurale, Jamal Tazi a salué la mobilisation des institutions, des professionnels du tourisme et des représentants étrangers. Il a rappelé le rôle de l’association Ismaïlia Al Kobra dans l’organisation du Forum et sa volonté de contribuer au développement de la ville au-delà du seul champ touristique.
Le président de l’association a également évoqué la possibilité de travailler à la création d’un musée à Meknès, en exprimant sa disponibilité à collaborer avec les autorités locales.
L’intervention de Fouad Serghini, directeur général de l’Agence pour la dédensification et la réhabilitation de la médina de Fez (ADER-Fez), a apporté l’information la plus concrète sur l’avancement des travaux.
A souligner que le programme de réhabilitation patrimoniale engagé à Meknès est presque achevé. Quelques travaux de finition resteraient à réaliser sur deux ou trois projets, tandis que l’essentiel du programme aurait été exécuté.
L’enveloppe annoncée s’élève à 800 millions de dirhams. Fouad Serghini a rappelé que la convention correspondante avait été engagée en 2018 et concernait quatre grands ensembles patrimoniaux de la ville. Il a notamment cité le bassin de l’Agdal et Sahrij Souani, dont l’étendue atteint environ trois hectares.
Cependant, quels sites sont définitivement réceptionnés, lesquels sont ouverts au public et lesquels nécessitent encore des interventions ? Quel dispositif assurera leur entretien et leur exploitation après la fin des travaux ?
Quant à Moulay Ahmed Sentissi, président du Conseil régional du tourisme de Fez-Meknès, il a souligné l’intérêt du Forum pour la redécouverte des monuments réhabilités et la promotion des richesses touristiques de l’ensemble régional.
Cette approche permet d’élargir le périmètre de la destination. Meknès peut, en fait, s’inscrire dans des circuits associant Volubilis, Moulay Idriss Zerhoun, les paysages du Moyen Atlas, les produits du terroir et les savoir-faire artisanaux. Mais la proximité géographique ne suffit pas à créer un produit touristique. Il faut, selon des opérateurs meknassis, des liaisons fiables, des horaires compatibles, des guides disponibles, une information centralisée et des offres que les agences et les tour-opérateurs puissent effectivement commercialiser.
Parmi les nouveautés du Forum figure une initiative qui élargit la réflexion au-delà du patrimoine monumental. En effet, un concert organisé en marge du FITAM a accompagné le lancement du projet « Meknès-Roma Music Bridge », conçu pour développer les échanges musicaux et culturels entre le Maroc et l’Italie. L’initiative résulte d’une coopération entre l’association Ismaïlia Al Kobra et l’association italienne CLAP, à l’initiative de Francesca Brandi, représentante de l’association marocaine en Italie. Le projet est porté par Alberto Quartana, président de CLAP, et le chef d’orchestre Hamala Mountassir. L’ambition exprimée est de favoriser les échanges entre artistes, professionnels et institutions culturelles des deux pays.
Le programme patrimonial de Meknès représente un effort public considérable. Sa réussite touristique ne pourra toutefois être appréciée à partir du seul nombre de monuments restaurés.
Meknès possède désormais un patrimoine dont la réhabilitation est annoncée comme presque achevée. Elle doit encore démontrer sa capacité à convertir ce capital historique en une offre touristique structurée et en retombées économiques durables.




