À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la CNT a choisi de mettre en lumière 45 femmes qui participent activement à la construction du Maroc touristique de demain. Celle d’un secteur où les femmes deviennent progressivement des actrices performantes, de la gouvernance publique jusqu’aux métiers de terrain. Une dynamique où les femmes occupent désormais des fonctions déterminantes, aussi bien dans les métiers opérationnels de l’hôtellerie ou de la restauration que dans les sphères de la gouvernance, de la promotion touristique et de l’investissement.
L’évolution la plus significative concerne l’accès des femmes aux postes de décision dans l’industrie touristique. La transformation du secteur est aujourd’hui pilotée par des profils féminins occupant des positions clés. La ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor représente cette nouvelle génération de décideuses publiques qui placent l’innovation, la durabilité et le capital humain au cœur de la feuille de route touristique nationale.
Avant elle, Nadia Fettah Alaoui avait déjà marqué l’histoire en devenant la première femme ministre du Tourisme du Royaume, ouvrant la voie à une féminisation progressive des responsabilités politiques dans ce domaine.
Dans la promotion internationale de la destination Maroc, des figures comme Fethia Bennis, première femme directrice générale de l’Office National Marocain du Tourisme, ont joué un rôle déterminant dans l’élargissement de la visibilité du Royaume sur les marchés internationaux.
Au niveau territorial, Rkia Alaoui, présidente du Conseil Régional du Tourisme de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, symbolise l’émergence d’un leadership féminin régional capable de fédérer les acteurs publics et privés autour d’une vision de développement touristique durable.
L’hôtellerie marocaine, longtemps dominée par une gouvernance masculine, connaît également une évolution notable. Dans les établissements haut de gamme, plusieurs dirigeantes pilotent aujourd’hui des structures majeures. Sofia Lopez Benhamida, directrice générale du groupe hôtelier Risma, supervise un portefeuille d’établissements partenaires de grandes enseignes internationales et contribue à renforcer la qualité de l’offre hôtelière nationale.
À Marrakech, Élisabeth Bauchet-Bouhlal, à la tête de l’Es Saadi Marrakech Resort, paraphrase une approche où l’hôtellerie s’inscrit dans un dialogue entre patrimoine culturel, création artistique et excellence hôtelière.
Dans le segment de l’hôtellerie lifestyle et business, des dirigeantes comme Katia Bitton, directrice générale du Kenzi Tower Hotel à Casablanca, ou Houyam Sefrioui, à la tête du Courtyard by Marriott Casablanca Downtown, participent à renforcer la compétitivité de la métropole économique sur le marché du tourisme d’affaires et du MICE.
Dans la gastronomie, plusieurs cheffes redéfinissent l’identité culinaire marocaine contemporaine. Meryem Cherkaoui, formée à l’Institut Paul Bocuse et passée par des établissements prestigieux en Europe, contribue à faire dialoguer techniques françaises et saveurs marocaines dans une cuisine raffinée devenue une signature gastronomique.
D’autres entrepreneures explorent des concepts hybrides mêlant influences internationales et produits locaux, à l’image de Marie-Sophie Grønlund avec son projet culinaire Ummami Marrakech ou de Noël Bouayad Furukawa, fondatrice du restaurant Iloli.
Les femmes jouent également un rôle clé dans l’émergence d’un tourisme plus responsable. Au Maroc, le groupe Intrepid Travel démontre cette dynamique en soutenant activement la formation de femmes guides touristiques à Marrakech et en développant des programmes favorisant leur autonomie économique. Depuis 2023, plusieurs femmes ont ainsi obtenu leur licence professionnelle grâce à ces initiatives.
Dans les territoires ruraux et montagneux, des pionnières comme Zineb Bouthoun, première femme guide de montagne au Maroc, ou Hafida Hdoubane, militante du tourisme solidaire dans le Haut Atlas, participent à ouvrir des métiers historiquement masculins et à valoriser les patrimoines naturels du Royaume.
La féminisation du tourisme marocain passe également par la formation. Des personnalités comme Zahia Skalli, pionnière de la formation touristique au Maroc, ou Souad Hassoune, première directrice de l’Institut Supérieur International du Tourisme de Tanger, ont contribué à structurer l’enseignement des métiers du tourisme dans le Royaume.
Aujourd’hui, cette dynamique se poursuit à travers des institutions académiques innovantes comme la School of Hospitality Business & Management de l’Université Mohammed VI Polytechnique, dirigée par Syrab El Malti, qui ambitionne de former une nouvelle génération de leaders africains de l’hospitalité.
Malgré ces avancées, la féminisation du tourisme marocain reste un chantier en cours. Les femmes sont très présentes dans les métiers opérationnels de réception, marketing, ressources humaines ou restauration, mais elles demeurent encore minoritaires dans certains niveaux de direction et dans l’investissement touristique.





