La naissance de Valeria Hotels & Resorts est le produit d’un pari hôtelier courageux et déterminé pris au début des années 2000, à une époque où le tourisme marocain n’avait pas encore retrouvé la place qu’il occupe aujourd’hui. Juste après les Assises Nationales du Tourisme d’Ouarzazate, le tour-opérateur Marmara France décide de miser massivement sur le Maroc. Marrakech, Agadir, les villes impériales et les circuits du Grand Sud deviennent alors les moteurs d’une stratégie ambitieuse dont l’objectif principal est de faire venir, toute l’année, plus de 5 000 visiteurs français par semaine. Aux manettes de cette mécanique, un partenaire marocain joue un rôle décisif, le le groupe Cherif Alami.
C’est dans ce contexte qu’émergent les deux clubs historiques de Marrakech, devenus en vingt ans une référence dans l’all-inclusive. Ils représentent une période où le Royaume érige le tourisme en véritable politique économique. Dès son accession au Trône en 1999, Sa Majesté le Roi Mohammed VI fait du secteur un axe de développement stratégique, via la modernisation des infrastructures, la montée en gamme de l’offre, l’ouverture aux grands opérateurs étrangers… Les clubs Valeria de Marrakech ont justement été parmi les premiers à bénéficier de cette impulsion.
Le résultat est spectaculaire. En vingt ans, le groupe a accueilli près d’un million de clients, principalement français, mais aussi marocains, britanniques et européens. Les deux établissements totalisent aujourd’hui plus de 752 chambres triples, soit un total de 2.256 lits, réparties dans neuf riads, selon une organisation esprit village : les hébergements dans les zones les plus calmes, les piscines et restaurants au centre, puis un second espace plus exclusif avec piscine paisible, restaurant dédié et spa de 1 500 m². À cela s’ajoutent des terrains de sports collectifs, un kids club, un grand théâtre et un night-club, autant d’équipements qui ont longtemps permis à ces clubs de se distinguer dans un marché devenu beaucoup plus concurrentiel.
Mais le plus intéressant se trouve ailleurs. Bien avant que le développement durable ne devienne un argument marketing obligatoire, le club s’était doté d’un centre de traitement des eaux usées, parmi les premiers à Marrakech. Chaque année, il obtient par ailleurs la certification Gold en hygiène et sécurité délivrée par un organisme agréé à Londres. Un détail qui dit beaucoup, une gestion rigoureuse, aboutie, rarement mise en avant.
Reste une réalité plus prosaïque. Après vingt ans d’exploitation, ces établissements ont besoin d’un nouveau souffle. Les propriétaires viennent ainsi d’engager plus de 90 millions de dirhams pour rénover en profondeur les deux sites, Madina Club et Dar Atlas Club. Il s’agit de préserver ce qui a fait leur succès, à savoir une clientèle fidèle, des partenariats historiques avec les tour-opérateurs et surtout des équipes présentes depuis parfois deux décennies. Dans l’hôtellerie marocaine, où beaucoup d’adresses changent de nom, d’actionnaires ou de concept tous les cinq ans, cette continuité reste une exception à saluer.





