Casablanca n’a pas un problème de projets culturels

L’ouverture annoncée du Musée de la Photographie et des Arts Visuels de Casablanca pour le 23 juin est certainement une très bonne nouvelle pour la métropole, déjà bien établie dans le segment culturel…

Oui, dans une ville culturellement mature, ce musée constitue un nœud dans un réseau affirmé d’écoles d’art, de scènes vivantes, de programmation critique, d’institutions de recherche, de festivals et, surtout, d’une politique de médiation publique constante.

Les ambitions portées par les acteurs du secteur, notamment le Conseil Régional du Tourisme Casablanca-Settat, l’Office National Marocain du Tourisme et la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique, reposent sur une idée simple : Casablanca doit fonctionner sur deux temporalités.

-semaine : tourisme d’affaires

-week-end : tourisme expérientiel (culture, bord de mer, lifestyle)

Toutefois, Casablanca, elle, fonctionne encore comme une ville d’événements. Or une ville d’événements n’est pas une ville culturelle. C’est une ville de pics.

Les discussions autour d’un futur grand palais des congrès et d’expositions (2 500 places, salles modulables, 25 000 m² d’exposition) s’inscrivent dans une logique correcte de montée en gamme.

Casablanca est aujourd’hui une ville qui produit des biens, des services et des flux financiers. Mais elle ne produit pas encore suffisamment d’expériences urbaines exportables. Tout le monde s’accorde, dans la sphère touristique locale, que ce que  Casablanca doit construire, ce n’est pas seulement une offre, mais sa signature culturelle…

L’ouverture du musée est une bonne nouvelle. Mais elle ne change pas la nature du défi.

Casablanca est aujourd’hui dans une phase charnière : elle n’a plus un déficit d’intention, mais un déficit de structuration.

Comment transformer une accumulation de projets en système culturel lisible, durable et exportable ?

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