À quelques heures de l’élection de la présidence du Conseil régional du tourisme Marrakech-Safi, le scrutin met en présence deux candidatures : Imane Rmili, qui a officiellement annoncé la sienne, et Hamid Bentahar, président sortant du CRT et de la Confédération nationale du tourisme. Le vote doit se jouer entre les 16 administrateurs appelés à désigner la nouvelle gouvernance de l’entité.
Imane Rmili a présenté une candidature fondée notamment sur un CRT «plus proche du terrain», associant professionnels, territoires et institutions. Son programme revendique une approche fédératrice et une meilleure prise en compte des problématiques qui dépassent le tourisme stricto sensu : mobilité, investissement, réglementation, espace public et infrastructures.
Face à elle, Hamid Bentahar dispose d’un élément institutionnel combatif particulier, du moment qu’il dirige déjà le CRT depuis 2008 et a été réélu à la présidence de la CNT en septembre 2024 pour un second mandat de trois ans. Le cumul des deux responsabilités donne mécaniquement à l’élection de Marrakech une portée qui dépasse le seul périmètre régional.
Quant aux informations faisant état d’une décision antérieure de Bentahar de ne pas se représenter, puis d’un changement de position à la suite de sollicitations professionnelles, elles relèvent pour l’instant d’informations avérées auprès des professionnels locaux. Même prudence concernant les supposés soutiens respectifs de représentants de l’autorité régionale ou des élus.
Le plus important n’est peut-être donc pas de savoir qui remportera le scrutin, mais ce que les 16 administrateurs attendent réellement du prochain CRT pour résoudre des problèmes beaucoup plus concrets qu’une course électorale. A savoir, qui fait réellement fonctionner le CRTMS? Combien de membres participent réellement, régulièrement et bénévolement à la gouvernance du CRT ? Combien assistent aux réunions, travaillent dans les commissions, suivent les dossiers entre deux assemblées et assument effectivement une responsabilité opérationnelle ?
En fait, n’importe quel CRT du pays et qui plus est aussi puissant que l’est celui de Marrakech-Safi ne peut pas reposer essentiellement sur quelques personnalités qui portent simultanément plusieurs responsabilités nationales, fédérales, professionnelles et entrepreneuriales. A ce niveau, quel est le nombre de membres réellement engagés dans la production de la politique touristique régionale? D’ailleurs, c’est là que le prochain président, quel qu’il soit, devrait être jugé par les professionnels sur sa capacité d’élever une représentation institutionnelle en gouvernance active, transparente et territorialisée.
Marrakech a besoin d’un CRT qui compte. Le prochain président aura donc un choix plus profond à faire que celui de la communication institutionnelle.
Soit le CRT reste principalement un lieu de représentation professionnelle et de promotion de destination. Soit il devient progressivement une véritable agence de gouvernance touristique territoriale, capable de réunir professionnels, élus, autorités, investisseurs et acteurs des territoires autour de quelques objectifs réalistes.
Le scrutin de Marrakech ne désignera donc pas seulement un président. Il dira aussi, implicitement, quel modèle de CRT les professionnels souhaitent pour la décennie qui s’ouvre, une institution de représentation ou un véritable outil de pilotage de destination.
Et c’est peut-être cela qui mérite, davantage que les pronostics de couloir, l’attention des 16 administrateurs.





