Lancé mercredi 14 octobre au restaurant Sens, au 27ᵉ étage du Kenzi Tower Hotel, le Festival gastronomique et culturel péruvien invite à découvrir une cuisine de caractère, portée par deux chefs péruviens, et des traditions artistiques qui racontent l’identité d’un pays aux influences multiples. Une expérience culinaire proposée notamment autour d’un menu dégustation à 600 DH, dans un dispositif associant gastronomie, musique et danse.
Mercredi soir, au restaurant Sens, perché au 27ᵉ étage du Kenzi Tower Hotel à Casablanca, son répertoire s’est invité à la table d’une soirée inaugurale réunissant des personnalités du corps diplomatique, du monde des affaires, des arts et de la culture, ainsi que des représentants des médias.
Le coup d’envoi du festival a été donné par l’ambassadeur du Pérou au Maroc. La cérémonie a également été marquée par le mot de bienvenue de Katia Bitton, directrice générale de l’établissement. Hormis son caractère protocolaire, ce rendez-vous avait pour objectif de présenter une cuisine encore relativement méconnue du grand public marocain, en donnant à voir sa diversité à travers une sélection de préparations emblématiques, accompagnées d’animations folkloriques péruviennes.
Le cadre du Sens, avec sa situation en hauteur et son panorama sur Casablanca, offrait un écrin singulier à cette rencontre entre deux univers. Mais l’intérêt de la soirée se situait surtout dans le contenu de l’expérience proposée qui consiste à faire de la gastronomie thématique le point d’entrée d’une découverte culturelle, plutôt que de réduire le festival à une simple succession de plats exotiques.
La carte présentée à l’occasion du lancement donne un aperçu des contrastes qui caractérisent la cuisine péruvienne, fraîcheur des produits marins, vivacité des agrumes, puissance des piments, richesse des sauces et diversité des textures.
En ouverture, le shot de leche de tigre place immédiatement le convive dans l’univers du ceviche. Cette préparation emblématique du Pérou repose sur une marinade généralement composée de jus de citron vert, de piment et d’aromates, dont les équilibres varient selon les recettes. La version proposée associe notamment poisson du jour, cancha (maïs grillé traditionnel) et chips de patate douce. Le résultat recherché tient à la rencontre entre l’acidité, la fraîcheur marine et le croquant.
La carte prévoit également une seconde interprétation de la leche de tigre, enrichie de cancha serrana, une variété de maïs grillé, et de chips de patate douce. Cette déclinaison illustre une caractéristique importante de la cuisine péruvienne : « la capacité à travailler un même socle de saveurs en faisant varier les ingrédients et les textures », nous confie l’un des deux chefs.
Les entrées prolongent cette exploration avec la mixtura de causitas. « La causa, préparée à partir de pomme de terre assaisonnée et de pâte de piment jaune, constitue l’une des expressions les plus reconnaissables du patrimoine culinaire péruvien. Ici, elle se décline en trois versions : poulet à la mayonnaise et à l’aji amarillo, poulpe à l’huile d’olive et langoustine en sauce golf. Une même base permet ainsi de faire dialoguer produits de la mer et préparation traditionnelle, sans effacer la place centrale de la pomme de terre dans l’identité gastronomique du pays », ajoute-t-il.
Autre étape du parcours : le tiradito en salsa de rocoto. Proche du ceviche par l’utilisation du poisson cru et des agrumes, « le tiradito se distingue généralement par une découpe en fines tranches et une présentation qui laisse davantage apparaître le produit. Dans la version annoncée, le poisson du jour est accompagné d’une sauce crémeuse au rocoto, piment péruvien, d’huile de coriandre, de patate douce glacée, de maïs et de cancha serrana. L’enjeu est celui d’un équilibre entre la délicatesse du poisson, l’acidité et la chaleur du piment », continue-t-il.
Le parcours fait enfin place à un duo de spécialités créoles péruviennes : une croquette de maïs cueca farcie d’un ragoût de poulet et un mini-pastel de maïs péruvien garni de ragoût de bœuf, gratiné au parmesan. Ces bouchées associent des préparations réconfortantes à un format adapté à la dégustation, dans une cuisine où les influences et les héritages se superposent plutôt qu’ils ne s’excluent.
Les plats principaux mettent à l’honneur le seco de cordero, décliné autour de l’épaule d’agneau mijotée à la coriandre et au fond d’agneau. La garniture annoncée associe une purée crémeuse de haricots canaris, des haricots jaunes des Andes, une carapulcra criolla (préparation traditionnelle à base de pommes de terre séchées) et une huile de coriandre.
Ce plat ne repose pas sur la seule présence d’une viande longuement cuisinée, les légumineuses et les pommes de terre renvoient à la profondeur agricole du Pérou, tandis que la coriandre apporte une signature aromatique immédiatement identifiable. La cuisine péruvienne se distingue précisément par cette articulation entre produits locaux, techniques de cuisson et héritages régionaux.
Le chapitre sucré poursuit cette logique avec le Miski Perú, un assortiment de desserts servis en verrines et en petites portions. Il comprend notamment un soupir à la limeña, dessert traditionnel associant une crème de confiture de lait à une meringue légère, un mini-cheesecake au fruit de la passion accompagné d’un gel de maracuya, ainsi qu’un mini-alfajor de maïzena garni de manjar blanco, une préparation sucrée à base de lait.
A l’initiative de cette proposition, deux chefs péruviens assurent la préparation et la supervision du menu, en collaboration avec les équipes du Kenzi Tower Hotel. Pour le dîner inaugural, les brigades de l’établissement ont également été mobilisées afin d’assurer le déroulement du service et la cohérence de l’expérience proposée aux convives.
L’expérience se prolonge hors de l’assiette. Les animations folkloriques péruviennes ont rythmé la soirée, donnant à la rencontre une dimension artistique et festive. La convivialité était au rendez-vous, dans une atmosphère où les échanges entre invités accompagnaient la découverte culinaire.
Le festival investit deux espaces de l’hôtel : le restaurant Sens et le Sky 28. Le menu dégustation est proposé au tarif annoncé de 600 DH.
Pour le Pérou, dont la gastronomie a acquis une visibilité internationale, un tel événement offre l’occasion de présenter au public marocain un patrimoine culinaire qui ne se résume ni au ceviche ni aux préparations à base de poisson cru. La diversité du menu, des causitas aux plats mijotés, montre au contraire une cuisine nourrie de ressources agricoles, de traditions régionales et d’influences multiples.
Pour le Kenzi Tower Hotel, l’opération permet de renouveler son offre événementielle en associant restauration, animation artistique et rencontre interculturelle.
Le Festival gastronomique et culturel péruvien, annoncé du 14 au 17 octobre 2026, offre ainsi une parenthèse de découverte au cœur de Casablanca. Son ambition est lisible : faire voyager par le goût, mais aussi donner à comprendre ce qui fonde une cuisine nationale.
Au 27ᵉ étage du Kenzi Tower, le Pérou se raconte donc dans son décor sublime, dans ses animations de bonne facture. Une invitation à découvrir un patrimoine culinaire dans sa diversité, à condition de prendre le temps de dépasser les premières impressions.




