La possible récupération de la Sqala par les Forces armées royales remet au premier plan le devenir de l’un des monuments historiques les plus reconnaissables de Casablanca. Comment préserver l’intégrité de ce bastion du XVIIIe siècle tout en maintenant sa place dans la vie culturelle et touristique de la métropole ?
Oui, la Sqala de Casablanca pourrait entrer dans une nouvelle phase de son histoire. Selon des informations publiées de part et d’autre, l’état-major général des Forces armées royales étudie les modalités d’un transfert du site vers l’autorité militaire compétente, au titre de la préservation du patrimoine historique militaire. Une visite sur place aurait été effectuée le 9 septembre 2026, en présence de représentants du Conseil de la ville.
Édifiée sous le règne du sultan Sidi Mohammed ben Abdellah, au XVIIIe siècle, cette ancienne fortification domine l’entrée de l’ancienne médina, à proximité du port. Ses remparts, ses pièces d’artillerie et son architecture défensive témoignent d’une époque où la protection de Casablanca et de son ouverture maritime constituait un enjeu stratégique. Le monument appartient ainsi à une histoire urbaine qui précède largement la métropole contemporaine.
Au fil du temps, la Sqala a changé de fonction sans perdre sa singularité. La création du restaurant-café maure en 2002 a contribué à faire de ce site historique un lieu de rencontre pour les Casablancais et une étape appréciée des visiteurs. Son jardin andalou, son architecture et sa cuisine marocaine ont associé la découverte patrimoniale à une expérience de restauration devenue familière dans le paysage touristique de la ville. Cette reconversion a donné au monument une présence quotidienne que ne garantit pas, à elle seule, la protection administrative d’un édifice ancien.
C’est justement ce qui donne à la procédure actuelle sa portée. La correspondance rapportée par la presse évoquerait des contraintes juridiques et foncières, des contentieux en cours ainsi que la présence du restaurant-café sur le site. Ces éléments supposent une clarification officielle de la situation juridique, des responsabilités de conservation et des conditions dans lesquelles le monument pourrait être administré à l’avenir.
Le transfert éventuel de propriété ne saurait, à lui seul, tenir lieu de projet patrimonial. La question déterminante sera celle du devenir concret du lieu. Conservation et restauration des structures historiques? accessibilité pour le public? maintien d’une activité culturelle? articulation avec l’ancienne médina et conditions d’exploitation des espaces?
Pour Casablanca, La Sqala est un morceau de mémoire urbaine dont la valeur tient autant à ses pierres qu’à la relation entretenue avec ses usagers.
À ce stade, aucune annonce définitive sur le calendrier du transfert ou sur le futur fonctionnement du site ne permet de trancher les questions ouvertes.




