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La rencontre de Marrakech, après coup…

Apparemment, la réunion de Jalal Charaf avec les professionnels à Marrakech aura laissé chez ces derniers un sentiment mêlant curiosité, attente, voire quelque peu de prudence. Un avant-goût important de sa relation avec les acteurs du secteur.

Et pour cause, quand les professionnels attendent surtout de savoir si ce changement à la tête du département se traduira par une nouvelle méthode de travail, une meilleure écoute des opérateurs et, surtout, une capacité accrue à transformer à donner rapidement, par la suite, des résultats concrets pour les entreprises et les régions encore en reste.

Quoiqu’il en soit, ce fut un premier contact plutôt bien accueilli.  Les premiers témoignages recueillis auprès des participants font apparaître une impression globalement favorable. La plupart

décrivent un ministre qui aurait privilégié l’écoute plutôt qu’un discours institutionnel préétabli. La formule qui revient dans leur bouche est celle d’un ministre à l’écoute, accessible et désireux d’aller directement aux problèmes. Jalal Charaf aurait invité les participants à s’exprimer librement, sans langue de bois, sur les difficultés rencontrées dans leurs activités. C’est certainement pourquoi les professionnels ont lâché la bride quand les discussions ont porté sur des problèmes opérationnels plutôt que sur les seuls objectifs de croissance et les performances touristiques. Mieux, le ministre aurait manifesté son intérêt pour la simplification des procédures, la levée des obstacles administratifs et l’accélération des investissements. Certains participants ont également relevé un discours structuré, une bonne gestion du temps et une volonté affichée de rechercher l’efficacité.

A la bonne heure ! La rencontre du 29 octobre aura, en effet, permis de faire remonter plusieurs préoccupations. Tout de même, il faut avouer que nos professionnels ne confondent pas une première rencontre réussie avec une politique touristique réussie. Et ils ont raison ! Le tourisme marocain ne souffre pas d’un manque de stratégies, de feuilles de route ou d’objectifs ambitieux. Il souffre aussi de difficultés d’exécution, de coordination institutionnelle, de financement et de gouvernance.

Les professionnels attendent donc de savoir si Jalal Charaf pourra dépasser les limites habituelles de la concertation pour intervenir concrètement sur les blocages.

Il faut également relever que cette première réunion n’a pas représenté l’ensemble de la filière. Plusieurs métiers et segments restent à associer à la concertation : transport touristique, animation, tourisme rural, hébergement alternatif, événementiel et autres activités connexes.

C’est d’ailleurs un point de vigilance que nous avons soulevé dans notre précédent article publié hier 30 octobre.

Il va de soi que l’élargissement de cette représentation sera déterminant pour éviter que le dialogue avec le ministère ne se limite à un cercle relativement restreint de représentants professionnels.

Quoi que l’on dise, Jalal Charaf semble avoir réussi son premier exercice de contact avec les professionnels. Son approche, fondée sur l’écoute, le pragmatisme et l’identification des blocages, aurait manifestement produit une première impression positive.

Son profil, marqué notamment par son expérience de la CGEM et de l’environnement économique, peut également expliquer les attentes placées dans sa capacité à mieux articuler les besoins des entreprises et l’action publique.

Mais il serait prématuré de parler d’adhésion pleine et entière de la profession. Si les témoignages que nous avons pu recueillir en vrac sont encourageants, ils ne constituent néanmoins pas un signal représentatif de l’ensemble des opérateurs touristiques marocains.

Les professionnels attendent trois choses : des décisions rapides sur les problèmes les plus urgents, une concertation régulière qui ne soit pas simplement protocolaire et, surtout, une capacité à faire bouger les lignes au sein de l’administration et des institutions concernées.

En définitive, le sentiment qui ressort de cette première rencontre pourrait se résumer ainsi : les professionnels sont disposés à faire confiance au nouveau ministre, mais ils attendent désormais des preuves.

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