25 juillet 2024

Stress hydrique : les craintes se précisent

Le 26 décembre 2023, le Ministère de l’Intérieur du Maroc a émis une circulaire urgente adressée aux Walis des Régions et Gouverneurs des Préfectures et Provinces du Royaume, soulignant la nécessité de prendre des mesures immédiates face à la crise hydrique imminente.

La lettre met en lumière les conséquences significatives des années de sécheresse sur les réserves hydriques du pays, exhortant à une gestion rigoureuse des ressources en eau. Face à la rareté des précipitations et au tarissement des nappes phréatiques, le document énumère des actions spécifiques à mettre en œuvre pour faire face à cette crise.

Parmi les principales mesures, on trouve la mise en place de réunions mensuelles avec les opérateurs de distribution d’eau pour surveiller et cartographier la consommation d’eau par quartier. Des actions de sensibilisation sont préconisées pour encourager la rationalisation de la consommation d’eau, tandis que des mesures de rationnement seront appliquées aux quartiers les plus consommateurs.

La circulaire insiste également sur la lutte contre la déperdition des ressources hydriques, en demandant aux opérateurs de production et de distribution de signaler mensuellement les pertes et les actions de colmatage entreprises. La répression des cas de fraude et l’interdiction de certaines activités, telles que l’arrosage des espaces verts et le remplissage fréquent des piscines, sont également au cœur des recommandations.

Les autorités locales sont appelées à collaborer avec les départements ministériels concernés pour mettre en place des actions palliatives. Cela inclut la réactivation des comités régionaux de suivi du Programme National d’approvisionnement en eau, la préparation de programmes de recyclage des eaux usées, et l’aménagement de points d’eau pour le bétail dans les régions touchées.

En clair, la circulaire souligne l’importance cruciale de l’engagement de tous les responsables à tous les niveaux pour faire face à cette menace imminente sur l’ordre public et l’économie, garantissant ainsi une disponibilité continue de cette ressource vitale pour la population.

La circulaire alarmante mais nécessaire du ministère de l’Intérieur interpelle aussi les entreprises touristiques consommatrices de beaucoup de volumes d’eau, comme les hôtels et les golfs. Ce sont les deux secteurs qui viennent à l’esprit à première vue. Pour les hôtels, surtout les villages de vacances, la consommation d’eau est phénoménale : souvent de grandes piscines nécessitant des milliers de mètres cubes fréquemment renouvelés, forte consommation par les clients dans les douches sachant que le nombre des chambres est élevé dans ces structures d’hébergement destinées aux familles, arrosage quotidiens des espaces jardins généralement très prédominants en milieu péri-urbain, etc. Fort heureusement, bon nombre de ces établissements adoptent des stratégies de gestion aquatique économes en eau si ce n’est par recyclage des eaux pour certains.

Mais là où la gestion des eaux demeure souvent décriée concerne certainement les parcours de golf tenus d’être toujours verdoyants pour le loisir de pratique de ce sport, donc un arrosage en continu soit par eau potable soit à travers pompage directement de puits provenant des nappes phréatiques souterraines.

Or, la stratégie du tourisme golfique est de trois dimensions : La première porte sur la promotion d’un golf « ecofriendly » en tant que moyen de valorisation de l’environnement, la deuxième, d’ordre urbanistique, concerne la mise en place de greens intégrés dans l’écosystème et la troisième revêt un caractère environnemental qui tient compte de l’impact des golfs sur leur contexte immédiat.

Dans ce cadre, le renforcement de l’offre golfique au Maroc doit nécessairement tenir compte de l’importance accordée à la réutilisation des eaux usées surtout que les parcours de golf sont adossés à des agglomérations urbaines (Essaouira, Agadir, Marrakech et Rabat, entre autres), l’encouragement de l’utilisation des énergies renouvelables et la promotion de types de gazon moins consommateurs d’eau et ne faisant pas appel aux insecticides.

On convient que le golf est une niche très importante pour le tourisme marocain au vu de sa valeur ajoutée, dès lors qu’un touriste golfique dépense 30 PC de plus qu’un touriste classique », ajoutant que le tourisme de golf peut aussi servir de vecteur de taille en tant que leader d’opinion « qui donne plus de visibilité à la destination Maroc. Mais pas au détriment de la sauvegarde de l’environnement, tout de même !

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