Forum FNIH (5-6 février 2026) : Sous le signe de la compétitivité hôtelière

À l’occasion de la 3ème édition du Forum de l’Industrie Hôtelière, qui se tiendra à l’initiative de la FNIH les 5 et 6 février à l’hôtel Palm Plaza Marrakech sous le thème « Investir & Rénover : Cap sur l’optimisation », la fédération et les professionnels du secteur auront certainement à poser sur la table un diagnostic rarement exprimé avec autant d’insistance: la compétitivité hôtelière marocaine face à l’accumulation des handicaps de structures désormais incompatibles avec les standards internationaux.

Et pour cause, au moment où le Maroc continue d’enregistrer des performances honorables en volume de visiteurs, le décrochage se situe ailleurs dans la rentabilité des établissements, la qualité de l’expérience client, la capacité d’investissement et, surtout, la capacité à monter en gamme à un rythme convenable.

Le Forum FNIH 2026 saura mettre en lumière la combinaison de ce paradoxe devenu très perceptible d’une destination très attractive avec, toutefois, un tissu hôtelier à moderniser. Certes, les taux d’occupation progressent, mais les marges se contractent. Les prix moyens restent inférieurs à ceux de destinations concurrentes comparables comme le Portugal, la Turquie ou l’Égypte dans son segment premium, tandis que les coûts d’exploitation explosent, que ce soit de l’énergie, du financement, de la maintenance, de la fiscalité locale ou des ressources humaines qualifiées. Quand on sait que dans plusieurs destinations urbaines et balnéaires, des hôteliers témoignent d’un écart croissant entre exigences internationales (labels, normes ESG, digitalisation, expérience client) et outils réels mis à leur disposition pour y répondre.

Les débats du Forum pointeront trois failles importantes :

-Une fiscalité hôtelière fragmentée et peu lisible, qui pénalise d’ailleurs l’investissement de long terme et freine la rénovation du parc existant.

-Un accès au financement inadapté, encore adopté pour des cycles courts, alors que l’hôtellerie est par nature capitalistique et à retour lent.

-Une gouvernance touristique trop éclatée où la promotion avance plus vite que la structuration de l’offre, créant un déséquilibre entre promesse et réalité terrain.

Résultat : des établissements vieillissants dans certaines destinations historiques, tel à Marrakech et à Agadir, une pression accrue sur les équipes, et un risque réel de déclassement progressif face aux nouveaux hubs touristiques méditerranéens et moyen-orientaux.

Le Forum FNIH 2026 intervient, donc, comme un signal d’alerte pour prévenir et agir en conséquence…

Oui, le Forum FNIH 2026 agit comme un signal d’alerte de bonne guerre. Les professionnels appellent souvent à un changement de logiciel pour passer d’une logique de performance quantitative à une politique assumée de valeur, de qualité et de compétitivité réelle.

Mais cela suppose, à priori, une réforme ciblée de la fiscalité hôtelière, des instruments financiers dédiés à la rénovation et à la montée en gamme, une coordination renforcée entre État, territoires et opérateurs privés et une reconnaissance juste du rôle économique et social de l’hôtellerie marocaine en matière d’incidences économique et d’employabilité.

Un moment de vérité, en fait… Le Maroc n’a plus le droit d’être seulement carte postale attractive, il doit redevenir compétitif. Sans décisions structurantes rapides, l’écart entre ambition affichée et réalité opérationnelle risque de s’élargir, au détriment de l’image, de l’investissement et de l’emploi.

Les professionnels en parlent. La balle est désormais dans le camp de l’administration du tourisme et décideurs publics intervenants.

 

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