La décision des Pays-Bas d’augmenter sensiblement la taxe sur les billets d’avion à partir de 2027 suscite des interrogations légitimes pour les destinations fortement fréquentées par les voyageurs néerlandais, dont le Maroc. Cette réforme fiscale, justifiée par des objectifs environnementaux et budgétaires, pourrait porter la taxation moyenne à plus de 40 euros par billet au départ des aéroports néerlandais, un niveau parmi les plus élevés de l’Union européenne. Pour certaines destinations moyen-courriers, dont le Maroc, la taxe pourrait atteindre environ 48 euros par passager.
Faut-il pour autant craindre un recul du tourisme néerlandais vers le Royaume ? La réponse mérite davantage de nuances que les réactions alarmistes observées dans certains milieux professionnels. D’abord parce que le marché néerlandais demeure structurellement solide. Les voyageurs des Pays-Bas affichent traditionnellement une forte propension au voyage international et un budget vacances relativement élevé. Le coût du billet d’avion n’est qu’un élément parmi d’autres dans la décision finale, aux côtés de la durée de vol, du climat, de l’offre d’hébergement, de la sécurité perçue et du rapport qualité-prix global.
À ce stade, la hausse de la taxe aérienne néerlandaise constitue donc davantage un signal d’alerte qu’une menace majeure pour le tourisme marocain. Le risque existe, mais il dépendra moins de La Haye que de la capacité du Maroc à renforcer sa compétitivité réelle sur un marché néerlandais qui reste, aujourd’hui encore, l’un des plus dynamiques d’Europe pour les destinations soleil accessibles en quelques heures de vol.





