“Let’s Take Off” wih ONDA

Au premier jour du Ramadan, l’Office National Des Aéroports a dévoilé sa nouvelle campagne institutionnelle sous la bannière Airports of Morocco. Le slogan “Let’s Take Off” accompagne la mise à jour d’une ambition plus large de transformer les plateformes aéroportuaires du Royaume en véritables « lieux d’expérience », en cohérence avec la stratégie « Aéroport 2030 ».

Pour cela, on décèle de la fraîcheur revendiquée du film de la campagne et l’esthétique émotionnelle assumée. Soit, peut-on réellement repositionner un aéroport comme espace de vie et d’inspiration, dans un contexte où les exigences opérationnelles, sécuritaires et logistiques demeurent prioritaires ? Chez ONDA, c’est oui!

Explications. La signature “Airports of Morocco” frappe, d’abord, par un subtil glissement sémantique important. L’ONDA cherche à agréger l’ensemble des aéroports du Royaume sous une bannière unifiée, quasi corporate, inspirée des grands hubs mondiaux.

Et à raison. Les aéroports contemporains sont devenus des espaces concurrentiels. À l’échelle méditerranéenne, Aéroport Adolfo-Suárez de Madrid-Barajas, Aéroport d’Istanbul ou encore Aéroport international du Caire se positionnent désormais en plateformes commerciales et en tant que pôles d’attractivité.

Dans cette compétition symbolique, le Maroc entend à juste titre affirmer une identité aéroportuaire cohérente, capable d’accompagner la montée en puissance touristique et la perspective d’événements internationaux majeurs à l’horizon 2030.

D’ailleurs, la stratégie « Aéroport 2030 » s’articule officiellement, entre autres, autour de l’amélioration significative de l’expérience passager.

La campagne “Let’s Take Off” atteint ces objectifs à travers un univers lexical positif, « Enjoy », « Explore », « Dreams », « Flow », « Smile », « Move », qui ponctue le message. Chaque mot-clé correspond théoriquement à une dimension opérationnelle de fluidité des flux, hospitalité, aspiration au voyage, mobilité sans friction.

La difficulté réside toutefois dans la traduction tangible sur le terrain. Car l’expérience aéroportuaire promise par l’ONDA dépend d’un écosystème institutionnel élargi composé du ministère de l’Intérieur, Direction Générale de la Sûreté Nationale, Gendarmerie Royale, Administration des Douanes et Impôts Indirects, ministère du Transport et de la Logistique. La performance ressentie par le passager est le produit d’une coordination fine entre ces acteurs. N’est-ce pas ?

Autrement dit, l’expérience client ne peut être seulement la message publicitaire magnétique de l’ONDA; mais d’un contrat interinstitutionnel collectif.

Le film place la jeunesse marocaine au centre. Jeunes talents confiants, mobiles, ouverts sur le monde… un choix éditorial qui vise clairement à associer l’image des aéroports à celle d’un Maroc dynamique et créatif. Bien vu! Car cette orientation connote un repositionnement des aéroports qui deviennent ainsi des plateformes d’émigration temporaire d’étudiants, d’entrepreneurs, diaspora, mais aussi des symboles de retour et d’opportunité.

Cependant, cette représentation suppose une qualité de l’accueil des MRE en période estivale, gestion des pics saisonniers, une accessibilité pour les jeunes entrepreneurs et start-ups du travel retail et l’intégration d’artistes et de créateurs locaux dans les espaces aéroportuaires. Serait-ce le cas ?

Les grands hubs internationaux ont investi massivement dans cette logique : espaces culturels, retail premium, gastronomie locale scénarisée. La question est désormais de savoir si Aéroport Mohammed V et Aéroport Marrakech-Ménara, par exemple, pourront opérer cette mutation à l’échelle nationale.

Le lancement au premier jour du Ramadan, avec un plan TV, digital, presse et affichage, suivi d’une seconde phase radio, traduit une volonté de forte mémorisation. Le calendrier n’est pas neutre : période de rassemblement familial, mobilité accrue et audience télévisuelle élevée.

Autrement, cette campagne s’adresse autant aux Marocains qu’aux voyageurs internationaux. Elle cherche à installer une fierté d’infrastructure, une sorte de sentiment d’appropriation collective.

En attendant, il faut reconnaître que la crédibilité de “Let’s Take Off” aura été un signal précurseur d’un Maroc qui vient d’en redéfinir le prologue. Reste à écrire le reste de l’histoire.

Read Previous

Fahd Abdorabi nommé DG du Mövenpick Mansour Eddahbi et du Palais des Festivals et des Congrès Marrakech

Read Next

Lancement à Essaouira d’un programme de professionnalisation poussée de l’offre touristique régionale

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *