Khénifra redécouvre son fleuve

Khénifra tente aujourd’hui de déployer l’un de ses atouts les plus évidents, mais paradoxalement les moins exploités, en véritable levier de développement territorial : son fleuve. Le lancement récent d’un projet d’ouverture aux sports d’eau vive sur l’Oum Er-Rbia River augure ainsi une inflexion assez intéressante.

L’initiative, pilotée par l’association Alpes Atlas en partenariat avec des acteurs locaux et des soutiens institutionnels, dont le CRT Béni-Mellal Khénifra, entend donner plus de tonus à la pratique de disciplines comme le kayak, le rafting ou le canoë dans les tronçons les plus dynamiques du fleuve traversant la ville. En même temps, on projette de former des jeunes guides, structurer une filière locale et installer progressivement Khénifra sur la carte émergente du tourisme de nature au Maroc.

Avec plus de 550 kilomètres de longueur, l’Oum Er-Rbia River constitue le deuxième fleuve du Maroc par son débit et l’un des piliers historiques de l’hydrologie nationale. Il prend naissance dans les sources du Moyen Atlas avant de traverser plusieurs régions agricoles majeures et de rejoindre l’Atlantique près de la ville d’Azemmour.

Mais c’est précisément à Khénifra que le fleuve offre l’une de ses configurations les plus singulières grâce à un cours relativement encaissé, alimenté par des affluents montagnards, avec des variations de débit et de relief propices aux sports d’eau vive.

Cette réalité géographique est connue depuis longtemps des amateurs de kayak. Pourtant, elle n’a jamais été véritablement organisée ni intégrée dans une stratégie touristique locale.

L’initiative prévoit ainsi la formation technique de jeunes de la région aux disciplines du kayak et du rafting. l’apprentissage des protocoles de sécurité fluviale, la sensibilisation à la gestion écologique des milieux aquatiques et, à terme, la création d’une petite économie de guides spécialisés capables d’encadrer des visiteurs.

D’ailleurs, le Moyen Atlas dispose d’atouts considérables, forêts de cèdres, lacs d’altitude, reliefs montagneux et rivières encore relativement préservées. Des sites comme le Lake Ouiouane illustrent ce potentiel naturel encore largement sous-valorisé.

Dans ce contexte, le développement des sports de nature, comme la randonnée, le VTT, le kayak et la trail, est susceptible de constituer une alternative crédible aux modèles touristiques intensifs.

Mais là où le bas blesse en général, c’est que de nombreuses initiatives de tourisme de nature au Maroc se heurtent à la même limite, elles naissent avec enthousiasme mais peinent à franchir le stade expérimental faute d’investissement, de formation certifiée ou de stratégie territoriale cohérente.

Si l’expérience réussit, Khénifra pourrait devenir l’un des premiers laboratoires d’un tourisme fluvial marocain encore embryonnaire, mais potentiellement porteur.

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