Une importante réunion a eu lieu le 3 avril à la wilaya de Béni Mellal-Khénifra et qui n’avait d’ailleurs rien d’une simple séance protocolaire. Elle a surtout permis de dresser un état des lieux précis des actions déjà engagées par le Conseil régional du tourisme de Béni Mellal-Khénifra et de clarifier les priorités immédiates.
Autour du wali Mohamed Benribag étaient réunis le président du Conseil provincial, le vice-président de la région, la SDR Atlas, le Centre régional d’investissement, la direction régionale des Eaux et Forêts, la délégation provinciale du tourisme, le commandement de l’aéroport de Béni Mellal ainsi que l’association du Géoparc du M’Goun, en plus du Président du CRTBK.
L’ordre du jour était polarisé autour de deux volets. D’abord, le CRTBK a présenté le bilan des actions menées sous la présidence de Younes Laraqui, tant en opérations de promotion, de structuration progressive de l’offre touristique régionale, des rapprochements avec les tour-opérateurs qu’en mise en avant de la destination dans les salons et réseaux professionnels. Ensuite, le bureau a détaillé son plan d’action pour 2026, avec une logique plus offensive qui consiste à ne plus seulement promouvoir la région, mais commencer à créer de véritables flux touristiques.
C’est précisément sur ce point que le CRTBK apporte aujourd’hui une dynamique nouvelle. Maintenant, le Conseil continue de s’investir en véritable courroie de transmission entre les pouvoirs publics, les investisseurs et les marchés émetteurs.
Le programme présenté au wali est édifiant à ce sujet. Première étape : travailler le marché intérieur. Deux workshops destinés aux agences marocaines et aux DMC spécialisés sont prévus les 23-24 avril puis les 28-29 avril. L’objectif est de convaincre les opérateurs nationaux d’intégrer enfin Béni Mellal-Khénifra dans leurs catalogues, alors qu’elle reste souvent absente des circuits proposés aux touristes marocains comme étrangers.
Le CRTBK veut ensuite ouvrir la région à l’international, de manière plus ciblée. Deux autres workshops sont programmés avec des agences italiennes puis espagnoles en mai, précisément parce que l’Italie et l’Espagne figurent parmi les marchés les plus prometteurs, à la fois grâce aux diasporas originaires de la région et à l’intérêt croissant de ces clientèles pour les destinations de montagne, de nature et de randonnée.
Par ailleurs, l’organisation, du 3 au 7 mai à Khénifra, est un autre signal fort puisqu’il s’agit d’un grand événement consacré aux sports de montagne et aux activités de plein air. L’idée est bien porteuse. Pour la première fois, la région cherche à se positionner fortement en destination identifiée autour des produits de l’outdoor, la randonnée, le trail, le VTT, les sports de nature et l’écotourisme.
Le CRTBK prépare également une opération plus subtile mais potentiellement plus efficace, en programmant un voyage de presse destiné à des journalistes allemands de haut niveau, prévu du 11 au 17 mai sous le thème « Undiscovered Morocco ». Le choix du marché allemand est opportun, vu qu’il est l’un des publics européens les plus sensibles au tourisme durable, à la marche, aux espaces naturels et aux destinations encore peu fréquentées. Là encore, le pari du CRTBK est de construire une exo différente de celle du Maroc classique des riads et des plages, mais plutôt d’un Maroc des montagnes, des vallées et des villages amazighs
C’est vrai, ces initiatives ne suffiront évidemment pas à elles seules à transformer la région. Mais elles marquent tout de même une rupture importante. Pour le CRTBK, il ne s’agit pas uniquement de commenter le potentiel touristique de Béni Mellal-Khénifra, au contraire, il s’évertue de créer les conditions concrètes de son émergence.
Reste désormais à savoir si cette dynamique sera suivie par le reste de l’écosystème, par l’ouverture de lignes aériennes, de montée en gamme de l’hébergement, de l’amélioration de la signalétique, de la formation des guides et des investissements privés.





