Regards sur l’École de Casablanca

(Communiqué de presse)

AA Gallery présente Regards sur l’École de Casablanca, une exposition collective qui réunit des œuvres de vingt artistes ayant appartenu à ce mouvement.

Au-delà des figures fondatrices, l’exposition fait également une place aux artistes périphériques de cette période, ceux qui, sans appartenir au noyau du mouvement, en ont partagé l’élan et contribué à en élargir le territoire. C’est ce regard élargi qui donne à cette exposition sa singularité, non seulement une célébration des figures déjà consacrées, mais aussi une invitation à redécouvrir les artistes de cette période dans toute sa complexité et sa diversité.

Pour introduire ce parcours, une fresque chronologique de 3 mètres sur 9 retracera l’histoire de l’École de Casablanca de 1960 à 1987, de la rénovation de l’école par Maurice Arama, premier directeur marocain des Beaux-Arts de Casablanca, à la direction de Farid Belkahia en 1962, jusqu’aux dernières initiatives collectives qui marquèrent la fin de cette aventure. Ce repère visuel offre aux visiteurs les clés pour traverser ensuite les œuvres exposées avec une compréhension du contexte qui les a rendues possibles.

Design sans titre – 2

Parmi les figures présentées, Farid Belkahia directeur de l’École de 1962 à 1974 incarne la vision fondatrice du mouvement : repenser la création dans une relation dialectique entre local et international, en abandonnant la toile pour le cuivre, la peau de chèvre, les pigments naturels, les formes puisées dans l’artisanat berbère. Mohamed Melehi (1936-2020), peintre, muraliste et photographe, a construit une œuvre entière autour d’un langage géométrique ancré dans la civilisation arabo-islamique la vague, signe obsessionnel de son œuvre, symbolise pour lui l’élan du continent africain. Mohamed Chabâa (1935–2013), graphiste, peintre et muraliste, a porté la conviction que l’art se doit d’être accessible à tous, et ses affiches, compositions géométriques et intégrations architecturales ont fait de l’espace public un terrain d’expérimentation autant qu’un acte politique.

À leurs côtés, Karim Bennani (1936–2023), pionnier formé aux Beaux-Arts de Paris aux côtés de Belkahia, a développé une peinture entièrement abstraite sans anecdote, sans théorie, construite sur la courbe, la couleur et l’instinct. Abderrahmane Rahoule, peintre, sculpteur et céramiste, fils de Derb Soltan, a façonné une œuvre à la croisée du volume et de la matière : ses compositions de cônes, rectangles et sphères aux couleurs vives restituent la mesure humaine des quartiers casablancais. Enseignant à partir de 1972 puis directeur des Beaux-Arts de Casablanca à partir de 2003, il est aussi celui par qui l’héritage s’est transmis à des générations entières.

Des œuvres de Baghdad Benas, Maurice Arama, Hassan Slaoui, Miloud Labied, André Elbaz, Mohamed Ataalah, Abdelkrim Ghattas, Abdallah El Hariri, Mustapha Hafid, Malika Agueznay, Mohamed Hamidi, Fouad Bellamine, Hamid Alaoui, Ahmed Barrack et Ahmed Cherkaoui complètent ce panorama, témoignant de la pluralité des voix qui ont composé ce moment singulier de l’histoire de l’art au Maroc et au-delà.

À l’occasion de la présentation, AA Gallery invite Morad Montazami, Madeleine de Colnet, Maud Houssais et Fatima-Zahra Lakrissa à présenter dans les locaux de la galerie,l’ouvrage C.A.S.A – Casablanca Art School Archives, ouvrage anthologique réunissant essais, archives et témoignages autour de l’École des Beaux-Arts de Casablanca.

C.A.S.A – Casablanca Art School Archives

Coédité par Zamân Books et Carrefour des livres éditeurs

Le livre C.A.S.A – Casablanca Art School Archives, codirigé par Morad Montazami, Madeleine de Colnet, Maud Houssais et Fatima-Zahra Lakrissa sera présenté en avant-première de l’exposition avec un échange-discussion en présence des auteurs précités.

Loin d’être un simple catalogue, cet ouvrage pluriel réunissant essais, archives et témoignages d’acteurs directs de cette période documente une constellation d’artistes-militants qui, dans l’effervescence qui suit l’indépendance de 1956, ont repensé radicalement l’art et son enseignement au Maroc.

C.A.S.A a bénéficié du soutien du CNAP, INHA, Institut Français, Mosaic Rooms, Loft Gallery, Schirn KunsthalleFrankfurt, Sharjah Art Foundation, Fondation Majorelle, AA Gallery, CCME, du Ministère de la Culture du Maroc et du partenariat de la Fondation Banque Populaire.

Read Previous

Morocco’s Undiscovered High Atlas

Read Next

Demain dès aujourd’hui à Casablanca

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *