À l’approche de la prochaine saison touristique, Azilal mérite mieux. La destination dispose d’un corollaire touristique plus solide, conforté par un territoire où la montagne, l’eau, les savoir-faire et les activités de pleine nature peuvent se rejoindre dans une même expérience. Du reste, l’annonce « Disconnect to Reconnect », très récemment publiée par le CRT Béni-Mellal Khénifra, en donne d’ailleurs une bonne lecture, puisqu’elle propose de ralentir, d’explorer et de renouer avec l’essentiel. Invite suffisamment riche pour donner envie de revenir.
Pourquoi pas, il s’agit d’ne destination à faire vivre au-delà de la photographie, de l’excursion rapide et du seul rendez-vous estival.
L’image diffusée par Visit Béni Mellal-Khénifra est efficace parce qu’elle ne réduit pas Azilal à une seule attraction. Elle juxtapose la vallée d’Aït Bouguemez, le rafting, le canyoning, la randonnée, le jet-ski, le thé à la menthe, le tajine et le safran. Le message « Disconnect to Reconnect » (se déconnecter pour se reconnecter) donne une cohérence à cet ensemble. Ce qui veut dire qu’ici, le voyage devient pratiquer, goûter, rencontrer et prendre le temps. Bref, une destination qui mérite un séjour, pas seulement un détour
Azilal possède un avantage souvent sous-estimé. La diversité de ses paysages permet de composer plusieurs types de voyages. Les cascades d’Ouzoud, le lac Bin El Ouidane, les vallées du Haut Atlas, les gorges et les villages ne relèvent pas d’un même décor interchangeable. Ils correspondent à des rythmes, des pratiques et des attentes différentes. Le CRT Béni-Mellal-Khénifra autour du bien-être et du tourisme de nature, avec Azilal comme l’un de ses territoires majeurs.
La force de la destination tient aussi à son arrière-pays. La vallée d’Aït Bouguemez, surnommée la « Happy Valley », associe architecture en terre, villages, sommets et patrimoine rural. Les guides touristiques régionaux y recensent notamment le grenier collectif de Sidi Moussa, les empreintes de dinosaures d’Ibakalliwn et les gorges de Jrou et d’Aarouss. Ce sont autant de raisons de prolonger une visite qui, autrement, pourrait rester concentrée sur un seul point d’intérêt.
À l’autre extrémité de l’expérience, Bin El Ouidane offre un cadre plus contemplatif, tandis que les cascades d’Ouzoud constituent un site emblématique de la région. L’enjeu n’est donc pas de choisir entre aventure et détente, mais de les articuler dans un même parcours : une matinée de randonnée, une pause au bord de l’eau, une découverte gastronomique, puis une soirée dans un hébergement rural ou une maison d’hôtes.
Le rafting, le canyoning, le trekking et le VTT apparaissent naturellement dans la communication de la destination. Ils ne doivent pourtant pas être traités comme une simple liste d’activités. Leur intérêt touristique dépend de la manière dont ils sont organisés, en termes de durée, d’encadrement, d’accessibilité, de niveau de difficulté, de matériel, de transport et d’articulation avec l’hébergement.
La région dispose déjà d’un éventail d’expériences recensées par son portail touristique : circuits dans le Haut Atlas, randonnée de deux jours, découverte des gorges, VTT autour d’Aït Bouguemez, exploration de Taghia ou encore visite des empreintes de dinosaures.
La communication autour d’Aït Bouguemez est particulièrement intéressante parce qu’elle associe le paysage à une idée de vie locale. Les villages en terre, les greniers collectifs, les cultures et les reliefs ne sont pas seulement des éléments de décor : ils donnent à la vallée son identité. Les guides régionaux consacrés à Aït Bouguemez et à Aït Bou Oulli mettent précisément en avant cette combinaison entre paysages, patrimoine, artisanat et traditions.
L’annonce a également le mérite de ne pas dissocier la nature de la gastronomie. Le tajine, le thé à la menthe et le safran y apparaissent comme des prolongements de l’expérience. Le portail régional recense plusieurs coopératives et initiatives liées à l’artisanat, à l’agriculture et aux activités touristiques dans la province d’Azilal. A vrai dire, cela ouvre des pistes concrètes, du moment qu’à Azilal, les deux dimensions peuvent se renforcer mutuellement.
Le programme Tourisme Durable Suisse-Maroc, qui intervient notamment dans les provinces d’Azilal et de Béni Mellal, s’inscrit dans cette logique de développement du tourisme durable. Une étude menée en 2025 auprès de 79 hébergements touristiques ruraux à Azilal a notamment porté sur les défis du secteur, ce qui montre que la question de l’offre ne peut être dissociée de celle de la structuration des acteurs.
Azilal n’a pas besoin de promettre davantage qu’elle ne peut offrir. Elle doit surtout mieux faire connaître ce qu’elle offre déjà, mieux l’organiser et mieux le raconter. À l’heure où de nombreux voyageurs recherchent des expériences plus authentiques, des séjours plus lents et des destinations moins standardisées, le Haut Atlas dispose d’une carte à jouer. À condition de ne pas confondre l’image de la destination avec la qualité réelle du séjour.





