Il s’est avéré que l’année 2025 aurait enregistré une progression statistique inédite pour le tourisme à Drâa-Tafilalet, constituant ainsi un moment de bascule plus profond d’une région longtemps perçue périphérique. Cela prouve que la destination affirme sa capacité à se structurer destination touristique nationale à part entière par la mise en place d’une gouvernance territoriale de tous les espoirs, fondée sur la fiabilité de la donnée, la coordination institutionnelle et le pilotage collectif.
A travers les chiffres publiés pour l’exercice 2025, se dessine ainsi une transformation moins visible mais décisive : l’émergence d’une culture de gestion touristique partagée, aujourd’hui encore rare à l’échelle régionale.
Comment ? Les statistiques 2025 sont, en effet, le résultat d’un travail coordonné associant le ministère de l’Intérieur, la Délégation régionale du Tourisme d’Errachidia, le Conseil provincial du tourisme, l’Association régionale de l’industrie hôtelière de Drâa-Tafilalet, sous l’impulsion directe du Wali de la région, avec l’engagement opérationnel des gouverneurs de Ouarzazate, Zagora, Tinghir et Midelt.
Cette architecture de gouvernance a permis de rompre avec la pratique longtemps répandue des données fragmentées, peu déclarées, rarement exploitées comme outil terre-à-terre.
Trois mécanismes ont conforté cette dynamique :
-une journée régionale de sensibilisation dédiée à la déclaration statistique,
-un suivi de proximité des établissements hôteliers pour améliorer l’exhaustivité et la ponctualité des remontées,
-des réunions mensuelles d’analyse collective des performances, permettant d’interpréter les tendances et d’ajuster les actions.
En 2025, Drâa-Tafilalet comptait 1 294 établissements d’hébergement touristique, offrant 40 761 lits. Cette capacité se répartit entre 468 établissements classés (21 484 lits) et 826 non classés, bivouacs inclus (19 277 lits).
La géographie de l’offre révèle toutefois une forte concentration :
-Errachidia concentre à elle seule 43 % de la capacité litière régionale,
-Ouarzazate en capte 23 %,
-Tinghir 16 %,
-Zagora 12 %,
-Midelt reste marginale avec 6 %.
Ceci confirme le rôle d’Errachidia comme pôle pivot, tout en soulignant le potentiel encore sous-exploité de certaines provinces, notamment Midelt, dont le positionnement nature et montagne reste largement perfectible.
Les établissements classés enregistraient la même année près de 2 millions d’arrivées pour 2,36 millions de nuitées, avec un taux d’occupation moyen de 42 %. Les bivouacs participaient également à cette dynamique avec plus de 374 000 arrivées.
Mais ce qui demeure préoccupant a trait à la durée moyenne de séjour qui plafonne à 1,2 nuit. Ce chiffre démontre que Drâa-Tafilalet reste largement une destination de transit ou d’escale, et non encore une destination de séjour prolongé.
Errachidia s’assoit confortablement en tête de liste quantitative, dépassant le million d’arrivées et concentrant l’essentiel de la croissance. Ouarzazate, en revanche, affiche les meilleures performances qualitatives, avec un taux d’occupation de 47 % et une durée de séjour plus élevée.
Tinghir et Zagora confirment leur attractivité sur les segments culturels et désertiques, tandis que Midelt commence à émerger comme destination de niche, portée par le tourisme de nature et de montagne, mais reste pénalisée par un déficit de structuration et de visibilité.
L’analyse par catégorie d’hébergement apporte des enseignements clairs démontrant que les résidences hôtelières affichent les meilleurs taux d’occupation (49 %), tandis que les hôtels 3 étoiles et les maisons d’hôtes suivent de près, alors que les hôtels 5 étoiles ferment la marche avec 36 %.
Les données consolidées 2025 positionnent désormais Drâa-Tafilalet parmi les quatre premières destinations touristiques du pays. Ce classement implique que la région n’est plus un simple arrière-pays, mais un territoire touristique à part entière.
Cette reconnaissance pose néanmoins une exigence immédiate : le renforcement de la connectivité aérienne. Sans liaisons régulières et lisibles vers Errachidia, Ouarzazate et Zagora, la transformation de la région en destination finale restera incomplète.
La question est, donc, comment permettre aux visiteurs de la destination d’y rester plus longtemps.
En définitive, l’année 2025 ne consacre pas une réussite spectaculaire, mais une réussite progressive. Drâa-Tafilalet n’a pas encore atteint son plein potentiel touristique, mais elle a posé ce qui manquait jusque-là ; à savoir une gouvernance fondée sur la concertation, la donnée et la responsabilité partagée.
Dans un paysage touristique national souvent dominé par les volumes, la région propose désormais une performance construite, réelle et discutée collectivement. Reste à transformer cette méthode en valeur durable, territorialisée et inclusive.



