La reprise du Four Seasons Resort Marrakech par l’homme d’affaires émirati Mohamed Alabbar est, sans doute, un signe de plus dans la dynamique lisible de montée en gamme de l’hôtellerie marocaine et, aussi, de sécurisation patrimoniale et de repositionnement des actifs hôteliers prime.
Après avoir été successivement détenu par des acteurs institutionnels tels qu’Actis puis Westmont Hospitality, le palace marrakchi a traversé une phase typique d’optimisation financière et opérationnelle, passant par la rationalisation des coûts, la consolidation des performances, la stabilisation des flux et le maintien d’un standing haut de gamme sous enseigne internationale. Dès lors, on comprend que l’entrée d’un entrepreneur-développeur de long terme comme Mohamed Alabbar ouvre évidemment un nouveau cycle de création de valeur, davantage orienté vers l’intégration, les synergies et la projection à long terme.
Fondateur d’Emaar Properties et d’Eagle Hills, Alabbar maîtrise une approche intelligente et opportune de l’actif touristique, combinant hôtellerie de luxe, immobilier résidentiel premium, retail expérientiel et aménagement urbain. Dans ce schéma, le Four Seasons Marrakech surclasse sa fonction hôtelière stricto sensu pour devenir un pivot capital au sein d’un écosystème plus large, comprenant résidences de marque, offres lifestyle, expériences culturelles et commerciales à haute valeur ajoutée, capables d’allonger la durée de séjour et d’augmenter significativement la dépense par visiteur.
Cette opération implique également la montée en puissance des capitaux du Golfe dans le tourisme marocain, avec une préférence marquée pour les actifs tangibles, iconiques et difficilement réplicables. Ce qui tend à dire que le Maroc est aujourd’hui perçu comme une place refuge relative dans un contexte touristique mondial en recomposition et où il se distingue par sa stabilité politique, sa visibilité macroéconomique, son attractivité aérienne renforcée et son positionnement favorable sur le segment du tourisme expérientiel et haut de gamme.
À Marrakech, destination mature mais en constante réinvention, l’arrivée d’un investisseur de cette envergure constitue un signal fort pour le marché. Elle confirme l’attractivité des établissements emblématiques, capables de traverser les cycles, et renforce la crédibilité du Royaume dans sa vocation de destination régionale d’investissement touristique premium, entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.
Pourquoi pas, cette transaction pourrait faire école, en accélérant l’intérêt pour d’autres actifs hôteliers et mixtes de grande qualité, et en contribuant à redéfinir les standards de valorisation et de gouvernance du tourisme de luxe au Maroc.



