Selon un dernier rapport de IATA, le Maroc serait un cas intéressant d’un pays « performant » dans les standards africains, mais encore dépendant de contraintes globales qu’il ne contrôle pas entièrement. Bon gré mal gré, notre pays serait un bon élève… dans un système mondial imparfait
Selon les analyses de l’IATA, le transport aérien marocain est identifié comme un moteur certain de croissance économique, notamment via le tourisme et le commerce international.
L’un des éléments les plus importants mis en avant par l’IATA concerne les « blocked funds » : revenus des compagnies aériennes bloqués dans certains pays et non rapatriés en devises fortes. À l’échelle mondiale, l’IATA estime que ces fonds dépassent encore plus d’un milliard de dollars, dont une grande majorité concentrée en Afrique et au Moyen-Orient .
Pourquoi c’est important pour le Maroc ? Parce que même si le Maroc n’est pas dans les pays les plus problématiques, il évolue dans un environnement régional où les flux de devises sont parfois contraints, où certaines compagnies limitent leurs routes pour réduire le risque financier et où la planification réseau devient plus prudente
Automatiquement, cela influence indirectement les décisions des compagnies étrangères vers l’Afrique, la densité des lignes vers certaines zones du continent et la stratégie de hub de Casablanca.
Comprenons, donc, que la connectivité marocaine dépend aussi de la santé financière globale du système africain, pas seulement de sa propre performance.
L’IATA considère Casablanca comme une plateforme stratégique entre trois espaces: Europe, Afrique et les Amériques
Mais elle insiste sur le fait qu’un hub ne se décrète pas, il se prouve par la densité de correspondances et la stabilité des flux.
Aujourd’hui, Casablanca progresse grâce, bien entendu, à la Royal Air Maroc, à la modernisation des aéroports entamée par l’ONDA et certainement à la croissance du tourisme international. Mais reste limité par une dépendance forte à quelques marchés d’Europe surtout, aussi par une connectivité intra-africaine encore irrégulière et par une rentabilité variable sur certaines routes long-courriers.
Restons vigilants. L’erreur fréquente dans les discours est de croire que Casablanca devient un hub uniquement par sa position géographique. Alors que l’IATA, elle, rappelle implicitement trois conditions essentielles, à savoir une connectivité dense et rentable, une stabilité financière des flux aériens et intégration économique régionale réelle. Le Maroc progresse sur le premier point, travaille sur le deuxième, mais dépend encore largement du troisième point… qui est continental.
Ce qui veut dire que l’IATA remet le Maroc dans une réalité plus froide mais plus utile…
Dans quelles conditions un hub africain peut-il être durable dans le système décrit par l’IATA ? Aujourd’hui, la réponse est encore en construction.





