L’annonce de l’Office National Marocain du Tourisme concernant le renforcement des liaisons Transavia entre Paris-Orly et Ouarzazate et Dakhla (en plus d’Essaouira) constitue certainement une avancée importante pour des destinations pénalisées par leur accessibilité. Avec trois rotations hebdomadaires vers chacune des deux villes jusqu’à la fin de la saison estivale 2026, l’initiative répond relativement à des besoins exprimés depuis longtemps déjà.
À Ouarzazate, malgré des atouts reconnus, la difficulté reste de transformer l’accessibilité en activité qui dure. Or la destination demeure marquée par une forte saisonnalité. Le défi n’est donc pas seulement d’ajouter des sièges, mais d’augmenter les nuitées et de renforcer l’attractivité de l’offre touristique.
À Dakhla, la situation est différente. La destination bénéficie d’un positionnement affirmé autour des sports de glisse, du tourisme de nature et du segment haut de gamme. Toutefois, l’augmentation des fréquences aériennes pose la question de la capacité du territoire à absorber la croissance sans fragiliser ses équilibres. Dans un environnement sensible comme la baie de Dakhla, le développement touristique ne peut être évalué uniquement à travers le nombre de vols ou d’arrivées. Les impacts sur les ressources naturelles, les infrastructures et le cadre de vie local doivent également être pris en compte. La qualité de la croissance importe autant que son volume.
Cette réflexion rejoint l’objectif de rééquilibrage territorial porté par l’ONMT, qui cherche à réduire la concentration des flux sur les destinations historiques du Royaume. La stratégie est pertinente, mais l’expérience internationale montre qu’une meilleure desserte aérienne reste une condition nécessaire, jamais suffisante.
Le renforcement des vols Transavia constitue ainsi un signal positif. Mais son succès se comparera moins au nombre de sièges proposés qu’à la capacité des deux destinations à créer une croissance durable, créatrice de valeur, respectueuse des ressources et bénéfique aux populations locales. Car ouvrir une ligne aérienne est une étape, construire une destination touristique résiliente en est une autre.





