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Le front de mer de Bouznika appelé à changer de visage

Bouznika front de mer

Bouznika pourrait se métamorphoser avec un projet de réaménagement de son front de mer, qui suscite notamment l’intérêt du groupe émirati Eagle Hills. En parallèle, les autorités préparent une réorganisation du domaine public maritime, avec le retrait annoncé de certaines installations temporaires à partir de septembre.

L’ambition serait de réaménager un front de mer associant tourisme, résidentiel, loisirs, commerces et services, afin de dépasser le modèle d’une destination essentiellement estivale.

Mais l’affaire reste encore peu documentée officiellement au niveau du périmètre, du foncier, du calendrier, de l’investissement et du rôle exact d’Eagle Hills qui restent à préciser. Oui, le potentiel est réel, mais le projet semble encore davantage relever d’une phase de préparation que d’un programme officiellement arrêté.

Oui, le silence est assez surprenant, surtout si l’on parle réellement d’un projet structurant de front de mer associant aménagement urbain, tourisme, résidentiel et loisirs.

Ce que l’on croit savoir à ce stade. En 2023, le CRI Casablanca-Settat, avec la SMIT, avait lancé un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner un investisseur privé chargé de développer un projet d’animation et de loisirs à Bouznika, sur une parcelle foncière déterminée, dans le cadre de la feuille de route touristique régionale.

Par ailleurs, une consultation a été lancée en 2025 pour l’élaboration d’une étude d’aménagement de la corniche maritime relevant des communes de Bouznika et Cherrat, dans la province de Benslimane.

Et le volet infrastructurel n’est pas théorique. Le projet de réaménagement et de dédoublement de la RR322, reliant Cherrat, Bouznika et Mansouria, représente 350 MDH, avec notamment 18,5 km de route, six carrefours, éclairage, protections contre les inondations et acquisitions foncières. Le maître d’ouvrage est le ministère de l’Équipement, avec Casablanca Aménagement comme maître d’ouvrage délégué.

Et Eagle Hills dans tout cela ? C’est là qu’il faut être prudent.

Eagle Hills est effectivement très présent au Maroc. Son portefeuille officiel mentionne notamment Tanja Waterfront, à Tanger, conçu autour d’une combinaison de résidentiel haut de gamme, retail et hôtel cinq étoiles.

Mais aucun communiqué officiel d’Eagle Hills annonçant un projet à Bouznika, ni de document officiel permettant d’affirmer que le groupe est déjà officiellement désigné comme aménageur ou investisseur du front de mer.

C’est une nuance importante. Qui devrait normalement pouvoir répondre et qui ne l’a pas encore fait?

À tout va, serait-ce la commune de Bouznika? La Province de Benslimane? Les services de la Wilaya? Le CRI Casablanca-Settat? La SMIT, car si l’on parle bien d’un projet touristique structurant, son implication serait logique, puisque la SMIT avait déjà travaillé avec le CRI sur le projet d’animation et de loisirs de Bouznika?

Pourquoi ce silence ? C’est justement là que c’est intriguant. N’empêche qu’on convient, bien sûr, qu’il peut y avoir plusieurs explications parfaitement légitimes. Projet encore au stade des études, négociations foncières non finalisées, montage financier en cours, discussions avec plusieurs investisseurs, procédures d’urbanisme non achevées ou attente d’arbitrages institutionnels.

Mais si un accord ferme avec Eagle Hills existait déjà, avec un programme précis et un calendrier, l’absence de communication officielle serait effectivement difficile à comprendre, compte tenu de l’importance potentielle du projet.

D’autant plus que Bouznika est déjà engagée dans une transformation progressive de son environnement côtier, à travers l’étude de corniche, les infrastructures routières, les équipements de plage et les projets touristiques. La plage vient d’ailleurs d’obtenir pour la 20e année consécutive le Pavillon Bleu, avec la présence des autorités provinciales et des acteurs locaux.

Donc oui, il y a matière à poser la question, mais pas encore à affirmer qu’Eagle Hills porte officiellement le projet.

Néanmoins, Bouznika prépare-t-elle réellement un nouveau front de mer ? Si oui, quel est le projet arrêté, qui le porte, quel foncier est concerné, quel investisseur est engagé et à quel stade se trouvent les études et autorisations ? Et surtout : pourquoi un projet potentiellement aussi structurant n’est-il pas documenté publiquement alors que plusieurs briques administratives et techniques existent déjà ?

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