Nouvelle coopération entre Taghazout Bay et les Îles Canaries

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La participation de la Société d’Aménagement et de Promotion de la Station de Taghazout (SAPST), représentée par sa Directrice Générale Fatima-Zahrae Berrada, à une nouvelle séquence de travail entre la Région Souss-Massa et les Îles Canaries peut être considérée comme le passage d’une coopération de principe à une logique de co-construction concrète.

Cette rencontre de haut niveau, qui s’inscrit dans la continuité d’une première mission en janvier dernier, a permis d’approfondir le dialogue institutionnel et mis sur la table les sujets opérationnels longtemps éludés de gouvernance des projets transfrontaliers, d’alignement des standards de qualité, d’articulation entre investissements publics et privés et, surtout, de capacité réelle à exécuter.

D’un côté, les Îles Canaries, modèle de maturité touristique, maîtrisant finement la chaîne de valeur de connectivité, d’ingénierie d’expérience, de pilotage de la fréquentation et de digitalisation des services. De l’autre, Souss-Massa, territoire en croissance rapide, doté d’actifs puissants, grâce à son littoral, son climat, son foncier aménageable, ses projets viables comme Taghazout Bay, mais encore en phase d’optimisation de son modèle.

Cependant, il existe une asymétrie. Les Canaries exportent un savoir-faire éprouvé. Souss-Massa, elle, cherche encore à stabiliser certains fondamentaux évidents de cohérence des parcours clients, d’intégration territoriale des projets, de montée en compétence des opérateurs locaux et de continuité des standards de service.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs chantiers structurants porteurs:

1. L’ingénierie territoriale et la gestion des flux: Les Canaries ont développé des modèles avancés de gestion des capacités touristiques, évitant la saturation tout en maximisant la valeur par visiteur.

2. L’expérience client comme système, non comme addition de services: La coopération vise ici à structurer des parcours fluides, de l’arrivée à la destination jusqu’au départ, intégrant transport, hébergement, activités et services digitaux. Un chantier complexe, qui dépasse largement la seule responsabilité des opérateurs touristiques.

3. L’innovation technologique appliquée: Smart destination, data management, personnalisation des offres, les Canaries disposent d’une avance significative. Pour Souss-Massa, il s’agit plutôt de construire un écosystème capable de les exploiter efficacement.

4. Les concepts d’animation à forte valeur ajoutée: En plus des infrastructures, c’est la capacité à générer du contenu, tels les événements, les expériences immersives et les programmations culturelles qui fait aujourd’hui la différence. Le modèle balnéaire classique ne suffit plus.

Dans ce dispositif, Taghazout Bay est explicitement bien placée en tant que terrain d’expérimentation. Station intégrée, réalisée dès l’origine en projet structurant, elle offre un cadre propice à la mise en œuvre rapide de solutions pilotes.

La mobilisation d’acteurs économiques et d’investisseurs a été identifiée comme axe imparable. Sur ce point, la coopération avec les Canaries peut jouer un rôle d’accélérateur.

Cette nouvelle étape dans le rapprochement entre Souss-Massa et les Îles Canaries constitue indéniablement une opportunité stratégique. Elle intervient à un moment où le tourisme mondial se reconfigure, avec une exigence accrue de durabilité, de qualité et de différenciation.

Mais elle constitue aussi un test. Celui de la capacité des acteurs de la région à transformer une coopération internationale en résultats tangibles. Si elle est menée avec rigueur, cette coopération peut repositionner Souss-Massa en tant que territoire pilote du tourisme atlantique intelligent. Si elle reste au stade déclaratif, elle ne sera qu’un chapitre de plus dans une longue série d’initiatives sous-exploitées.

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