Khénifra Outdoor Experience 2026 pour une revalorisation de la destination

Née d’une convergence d’acteurs institutionnels et territoriaux, au premier rang desquels le Conseil Régional du Tourisme de Béni Mellal-Khénifra, en partenariat avec le ministère du Tourisme, de l’ONMT, du Conseil de la Région et du Conseil Provincial de Khénifra, la 1ère édition de « Khénifra Outdoor Experience 2026 » s’inscrit dans une dynamique politique et touristique assumée. Celle-ci est activement soutenue au niveau local par le Gouverneur de la province de Khénifra, Son Excellence Adil Ihourane dont l’engagement vise à repositionner durablement le territoire en destination touristique émergente. Décidément, se dessine ainsi une volonté unanime de structurer une offre, attirer l’investissement et inscrire Khénifra dans un écosystème crédible de développement touristique, une fois pour toutes.

L’ouverture, cette matinée du lundi 4 mai, de l’exposition régionale « Khénifra Outdoor Experience 2026 » au Centre Culturel de Khénifra a été accompagnée d’un agréable aménagement logistique des stands, agrémenté d’allocutions optimistes et pleines d’enseignements en présence d’opérateurs étrangers et nationaux de voyages. Tout était réuni pour consacrer une réalité et test grandeur nature de la capacité d’une destination émergente à convaincre les professionnels aguerris et investisseurs potentiels.

Car le choix d’inviter des opérateurs venus des États-Unis, de France, d’Allemagne ou encore du Royaume-Uni dans le cadre d’un FAM Trip intensif n’est pas du tout protocolaire. Ces prescripteurs ne jugent pas des intentions, mais des produits. Ils évaluent des temps de trajet, des standards d’hébergement, des niveaux de sécurité, la cohérence d’un itinéraire, la qualité d’un guidage. En somme, ils testent une promesse et non un potentiel abstrait.

Et pour cause, la province de Khénifra coche toutes les cases du tourisme de nature par ses forêts de cèdres parmi les plus vastes du Maroc, son réseau hydrographique dense autour des sources de l’Oum Er-Rbia, ses beaux lacs d’altitude comme Aguelmam Azegza ou Ouiouane ou encore par sa biodiversité riche, propice à l’ornithologie et à l’écotourisme.

Le lac Aguelmam Azegza, labellisé « Pavillon Bleu »,actuellement bien aménagé tout autour pour l’accueil des visiteurs en nombre,  constitue à lui seul un actif entier. Mais ce label, souvent brandi comme un trophée, impose des obligations de gestion environnementale rigoureuses dont la continuité reste un défi dans les territoires à faible ingénierie locale.

Plus fondamentalement, Khénifra souffre jusqu’ici d’un paradoxe classique : une abondance de ressources naturelles… sans véritable mise en tourisme structurée. Les activités proposées de kayak, de rafting, de VTT, de randonnée, de pêche « no kill », existent bel et bien. Mais leur intégration dans une chaîne de valeur cohérente de transport, d’encadrement, d’assurance, et de storytelling reste encore fragmentaire. Et c’est justement là que le CRTBK compte redoubler davantage d’efforts et d’actions pour valoriser la destination comme elle le mérite…

Précisément, le positionnement ciblé par les organisateurs mérite attention. En visant les segments incentive et voyages de motivation, la région ne cherche pas le tourisme de masse, mais une clientèle à plus forte valeur ajoutée.

C’est un choix stratégique pertinent. Le Moyen Atlas ne pourra pas rivaliser avec Marrakech ou Agadir en volume. En revanche, il peut capter une demande internationale en quête d’expériences authentiques, exclusives, et surtout dépaysantes. Quoique cela exige évidemment une qualité irréprochable des prestations, une scénarisation des expériences (et pas seulement juxtaposition d’activités), une capacité logistique à accueillir des groupes corporate exigeants et une connectivité routière optimisée.

Aucun développement touristique durable ne repose uniquement sur un capital naturel. Khénifra fait face à plusieurs verrous structurels :

Le programme de cette édition, excursions dans les forêts d’Ajdir, visites des sources de l’Oum Er-Rbia, immersion autour des lacs d’Aguelmam Azegza et Ouiouane, va dans le bon sens. Il privilégie l’expérience directe, sensorielle, incarnée.

Il faut, tout de même, reconnaître que le contexte touristique international joue pourtant en faveur de Khénifra. La demande mondiale pour le tourisme de nature, responsable et hors des sentiers battus est en forte croissance. Le Maroc, déjà bien positionné, peut capitaliser sur ses territoires secondaires pour diversifier son offre.

Bien entendu, cette fenêtre est étroite. D’autres destinations en Europe de l’Est, en Amérique latine, en Afrique, se positionnent sur les mêmes segments, avec parfois une avance en matière de structuration.

Plus généralement, « Khénifra Outdoor Experience 2026 » marque une inflexion intéressante d’un territoire qui passe du discours à la démonstration, prouvée en toute responsabilité par le CRTBK. C’est un pas nécessaire mais perfectible à moyen et long termes… L’objectif et de transformer cette beauté de la destination en produit touristique fiable, compétitif et reproductible.

Khénifra n’a plus besoin d’être découverte et redécouverte. Elle doit désormais être touristiquement crédible.

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