En marge de l’IFTM Top Resa, la conférence réunissant notamment Achraf Fayda, directeur général de l’ONMT, et Jean-Yves Le Drian, président de l’AFALULA, a placé l’attractivité, l’hospitalité et l’impact au centre du débat. Un triptyque pertinent, à prendre toutefois avec la petite cuillère…
Les exemples cités, dans cette conférence, sont éloquents et divergent. Tahiti doit composer avec les limites d’un territoire insulaire. AlUla construit une destination nouvelle, soutenue par une planification et des moyens considérables. Le Maroc, à l’inverse, part d’une industrie déjà installée, de marchés européens robustes et d’une connectivité en expansion. Sa difficulté n’est donc plus de prouver son attractivité, mais de capitaliser sa croissance en valeur mieux répartie et moins concentrée.
Les chiffres avancés pour le premier semestre 2026 (hausse des arrivées et progression des recettes) témoignent d’une bonne santé. Ils ne suffisent cependant pas à garantir sa solidité. La dépense par visiteur, la durée de séjour, la qualité de l’emploi, la pression sur l’eau, les transports ou encore la répartition des retombées territoriales restent des indicateurs déterminants. Un record de fréquentation peut masquer des faiblesses persistantes.
La diversification vers Ouarzazate, Dakhla ou le Grand Atlas constitue une piste cohérente. Mais l’essor de ces destinations ne se décrète pas depuis Rabat ou Paris. Elle suppose des vols, des routes, des hébergements adaptés, des compétences, une commercialisation efficace et une gouvernance locale capable de suivre. Sans ces conditions, la déconcentration des flux restera davantage un objectif de communication qu’un changement de modèle.
L’hospitalité appelle la même exigence. Elle ne repose pas uniquement sur une tradition d’accueil ou sur des infrastructures modernisées. Elle se jauge dans l’expérience concrète, depuis l’arrivée à l’aéroport, la mobilité, la propreté, l’information, la formation, la gestion des pics jusqu’à la qualité du service. À Marrakech, la volonté de préserver l’équilibre entre fréquentation et qualité de vie devra surtout se traduire par des décisions précises, financées et évaluables.
La conférence a posé les questions essentielles. Elle laisse ouvertes celles qui permettront de juger les résultats. Quels objectifs par territoire, quels indicateurs d’impact, quels moyens de régulation, quelle responsabilité entre État, collectivités et professionnels ?





