Livré à Casablanca le 21 octobre, un Embraer E190 de 2011 rejoint Royal Air Maroc dans le cadre d’un contrat de location auprès d’Azorra Aviation. Un second appareil doit, en principe, suivre. Tout compte fait, de quoi renforcer ses capacités à court terme…
Royal Air Maroc poursuit l’extension de sa flotte en attendant de concrétiser son projet de commande de nouveaux avions. Pour l’instant, c’est donc le premier des deux Embraer E190 loués. Immatriculé CN-RIA, cet appareil a été livré à Kenya Airways en 2011, compagnie qui l’a exploité jusqu’en 2025. Après plusieurs opérations de maintenance chez Exeter Aerospace, au Royaume-Uni, il a été préparé pour son intégration à la flotte marocaine. Un second E190, immatriculé CN-RHW, est attendu prochainement.
Les deux avions supplémentaires porteront à six le nombre d’E190 exploités par la compagnie, contre quatre auparavant. Avec leurs 96 sièges, ces appareils sont adaptés aux liaisons régionales et européennes sur lesquelles un avion de plus grande capacité ne serait pas toujours économiquement pertinent.
Toutefois, aucune information détaillée sur le loyer, la durée de location et les engagements de maintenance, il est impossible d’apprécier précisément la pertinence économique de cette opération.
L’opération de commande est néanmoins significative. Lancé en avril 2024, l’appel d’offres de Royal Air Maroc porte sur un programme pouvant atteindre 200 appareils, auprès des grands constructeurs aéronautiques. En novembre 2025, son PDG, Abdelhamid Addou, indiquait que les premières livraisons issues de cette procédure étaient attendues à partir de 2028, avec une montée en puissance envisagée à raison d’environ quinze avions par an. Le projet s’inscrit dans l’ambition de porter la flotte à 130 appareils en 2030, puis à 200 à l’horizon 2037-2038.
En attendant, la compagnie continue de s’appuyer sur des appareils loués, notamment les Boeing 737 MAX 8 récemment intégrés. Ceci s’accompagne apparemment de souplesse pour aller de pair avec la croissance du trafic, mais elle ne remplace pas les arbitrages industriels et financiers d’une commande de grande ampleur. Le calendrier de livraison, le choix des constructeurs, la répartition entre monocouloirs et gros-porteurs ainsi que les conditions de financement détermineront la capacité de RAM à développer son réseau sans déséquilibrer ses coûts d’exploitation. C’est clair !
Pour renforcer Casablanca comme plateforme de correspondance entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, Royal Air Maroc ne devrait-elle pas disposer d’appareils plutôt adaptés à chaque marché, d’une flotte disponible et d’une structure de coûts compétitive ?
La réception de cet Embraer constitue donc une réponse opérationnelle immédiate, pas une preuve de renouvellement proprement dit. Quid du calendrier et des conditions dans lesquelles la compagnie passera de l’extension progressive par location à la mise en œuvre effective de son programme de flotte. C’est sur ces éléments, et non sur le seul nombre d’avions ajoutés, que sera notée ou pas la solidité de sa stratégie à long terme.
A souligner que la composition de la flotte de Royal Air Maroc se présente comme suit::
-20 Boeing 737 MAX 8 (156 ou 189 sièges)
-6 Boeing 787-9 Dreamliner (302 ou 320 sièges)
-7 Boeing 787-8 Dreamliner (274 sièges)
-27 Boeing 737-800 (159 sièges)
-5 Embraer 190 (96 sièges), avec un appareil supplémentaire attendu prochainement
-6 ATR 72-600 (70 sièges)
-1 Boeing 767-300 cargo




