Bannière publicitaire
Bannière publicitaire

Le WTM London 2026 et la marché britannique pour le Maroc

Avec près de deux millions de sièges aériens programmés sur les liaisons entre le Royaume-Uni et le Maroc en 2026, le marché britannique confirme son importance stratégique. Toutefois, peut-on affirmer que notre pays dispose-t-il réellement d’une stratégie suffisamment offensive pour continuer à fidéliser le marché britannique ?

Le Maroc est présent du 3 au 5 novembre 2026 au World Travel Market de Londres, l’un des grands rendez-vous internationaux de l’industrie touristique. Avec un pavillon de 850 m², deux espaces d’exposition (N1-210 et N2-200), Royal Air Maroc et un ensemble d’opérateurs, d’hôteliers, de réceptifs et de représentants institutionnels, la délégation marocaine affiche une présence commerciale substantielle. Huit conseils régionaux du tourisme figurent également parmi les participants.

Le marché britannique mérite, à cet égard, une attention autrement plus attentive que celle des simples statistiques d’arrivées. Les données présentées dans le document élaboré à la veille du salon par l’ONMT avec la CNT consacré au marché britannique donnent une première indication de son potentiel. En 2025, les Britanniques ont effectué 99,9 millions de voyages à l’étranger, contre 94,6 millions en 2024, générant plus de 883 millions de nuitées et 86,2 milliards de livres sterling de dépenses. Les voyages de loisirs représentent 61 % des motifs de déplacement.

L’Espagne conserve très largement sa première place, devant la France et l’Italie. La Grèce enregistre, en revanche, une progression particulièrement significative, avec 27,5 % de visites supplémentaires. Cette concurrence est essentielle à comprendre : le Maroc ne se bat pas seulement pour attirer davantage de touristes britanniques, il doit gagner des parts de marché face à des destinations déjà fortement installées dans leurs habitudes de consommation.

L’environnement économique ne facilite pas cette conquête. L’inflation, la hausse des coûts énergétiques et les tensions internationales pèsent sur le pouvoir d’achat et les arbitrages des ménages. L’indice de confiance des voyageurs mesuré par ABTA recule de trois points pour atteindre +50. Pourtant, la demande ne s’effondre pas : 88 % des Britanniques interrogés ont effectué au moins un voyage et la proportion de ceux qui réservent auprès d’une agence ou d’un tour-opérateur progresse de 34 à 38 %.

Selon les données du ministère du Tourisme, le marché britannique a fourni environ 7 % des arrivées internationales en 2025, avec une progression annuelle de 18 %. Il figure ainsi parmi les principaux marchés européens du Royaume. La tendance reste positive en 2026. À fin août, le marché britannique totalise 995 663 arrivées, soit une hausse de 6 % sur un an. Il représente environ 7 % des arrivées internationales du Maroc.

Le signal est positif, mais une croissance de 6 % ne constitue pas, à elle seule, une percée commerciale. Elle reste même inférieure à la progression britannique enregistrée en 2025. Le marché avance, sans que l’on puisse encore parler d’une accélération décisive.

Encore que la capacité aérienne programmée entre les deux pays atteint près de 1,997 million de sièges pour les saisons été 2026 et hiver 2026-2027, contre 1,791 million un an auparavant, soit une progression de 11,5 %. De même que le 1,94 million de sièges sur le cumul été-hiver 2026, en hausse de 7 %. La distribution, elle, affiche une progression particulièrement forte : 1,355 million de passagers, soit +36 %.

Le Maroc ne part pas de zéro. Plusieurs accords conclus avec des acteurs britanniques témoignent d’un travail commercial qui dépasse la simple présence dans les salons professionnels.

Pour 2026-2027, Jet2 a également renforcé son programme marocain. Agadir bénéficie notamment de nouvelles dessertes au départ d’East Midlands et de Londres-Gatwick, tandis que Marrakech et Agadir restent intégrées à son offre hivernale. Le groupe a même mis en vente son programme hiver 2027-2028, avec ces deux destinations marocaines parmi ses propositions de soleil hivernal.

Près de 150 opérateurs britanniques programmant le Maroc. Il cite notamment Jet2, TUI, easyJet holidays et British Airways Holidays, mais aussi des spécialistes du voyage d’aventure comme Intrepid et G Adventures, des distributeurs numériques, des plateformes et des bed banks.

Le marché britannique présente des possibilités bien plus larges. Il existe déjà des possibilités aériennes qui rendent cette diversification crédible. Les dessertes directes britanniques comprennent notamment Tanger, Fez et Rabat, même si leur fréquence et leur répartition restent inégales. Ryanair relie Londres-Stansted à Fez ; British Airways dessert Rabat depuis Gatwick ; TUI a annoncé une nouvelle liaison Londres-Tanger pour 2027.

Néanmoins, qui, au Maroc, construit véritablement des produits de city-break destinés au marché britannique ? Qui démarche les agences spécialisées dans les courts séjours culturels ? Qui négocie avec les plateformes pour mettre en avant Fez, Rabat, Tanger ou Essaouira autrement que comme de simples excursions depuis une destination principale ?

Faut-il s’attendre à une progression de la clientèle britannique en 2027 ? Les indicateurs actuels autorisent un certain optimisme. La demande britannique demeure solide, les grands distributeurs continuent d’investir dans leurs programmes marocains et les capacités aériennes progressent. L’annonce par TUI d’une nouvelle liaison Londres-Tanger, les développements de Jet2 et l’installation d’easyJet à Marrakech constituent des signaux commerciaux encourageants. De sa part, l’ONMT annonce à la fois 1,94 million de sièges aériens et 1,997 million pour le cumul des saisons été 2026 et hiver 2026-2027, sans expliciter suffisamment l’écart entre les deux données. De même, les 1,355 million de passagers attribués à la distribution nécessitent une définition statistique plus précise. Ces chiffres gagneraient à être rapprochés des données effectives de transport et de commercialisation.

Le partenariat signé en novembre 2023 entre l’ONMT et Jet2.com constitue l’un des engagements les plus significatifs. Conclu pour cinq ans, il prévoyait une coopération en matière de développement touristique et une campagne de marketing conjointe destinée aux voyageurs britanniques et aux agents de voyages indépendants. Jet2 est particulièrement intéressant en raison de son double positionnement : compagnie aérienne et tour-opérateur, avec son réseau de distribution intégré. L’accord de développement conclu avec l’ONMT a accompagné l’ouverture, au printemps 2026, de la première base africaine de la compagnie à Marrakech. Trois appareils y sont basés. Le dispositif s’accompagne d’un renforcement des dessertes, de nouvelles liaisons et d’une extension de l’offre easyJet holidays, qui commercialise notamment plus de 70 établissements à Marrakech.

Pour 2026-2027, Jet2 a également renforcé son programme marocain. Agadir bénéficie notamment de nouvelles dessertes au départ d’East Midlands et de Londres-Gatwick, tandis que Marrakech et Agadir restent intégrées à son offre hivernale. Le groupe a même mis en vente son programme hiver 2027-2028, avec ces deux destinations marocaines parmi ses propositions de soleil hivernal.

150 opérateurs britanniques programmant le Maroc. C’est un réseau commercial appréciable.

Read Previous

Francis Desjardins prend la tête du Fairmont Pacific Rim et de la région du Nord-Ouest Pacifique

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *