2026 sera-t-elle bonne ou moins bonne ?

L’indice de confiance du panel d’experts d’ONU Tourisme prévoit pour 2026 une progression du tourisme international dans la continuité de la courbe ascendante enclenchée depuis 2024. Officiellement, la reprise est solide : les flux mondiaux ont retrouvé leur niveau d’avant-pandémie et les recettes touristiques dépassent désormais les records de 2019.

Mais pour autant, le secteur entre dans une phase plus ambiguë d’une croissance réelle, certes, mais compliquée. Les experts interrogés par l’organisation onusienne identifient deux facteurs déterminants pour 2026, à savoir l’environnement économique et le contexte géopolitique.

Autrement dit, la reprise est là, mais elle n’est pas homogène. Elle est fragmentée, dépendante de variables externes et de plus en plus inégalitaire entre destinations.

Le tourisme mondial repose désormais sur une clientèle qui voyage encore, mais différemment. Trois phénomènes ressortent des analyses du panel :

  1. Une inflation persistante du coût du voyage : Transport aérien, hébergement et restauration restent à des niveaux élevés. La conséquence directe est plutôt la transformation de la demande en séjours plus courts, des dépenses plus ciblées et une recherche d’un meilleur rapport valeur-prix. La croissance du tourisme en 2026 sera donc davantage portée par la dépense moyenneque par le volume pur.
  2. Une polarisation du marché : Le secteur se scinde en deux. Un tourisme premium résilient, capable d’absorber l’inflation et un tourisme de masse plus fragile, sensible aux variations économiques.

Cette polarisation modifie la hiérarchie des destinations, celles capables de proposer du haut de gamme ou une forte valeur expérientielle résistent mieux.

  1. La montée du tourisme de proximité : Face aux coûts du long-courrier, une partie de la clientèle privilégie des destinations plus proches, plus accessibles et perçues comme sûres. Ce phénomène bénéficie directement aux régions méditerranéennes et nord-africaines, comme le Maroc, par exemple…

Par ailleurs, le panel d’experts d’ONU Tourisme identifie les tensions géopolitiques qui seront déterminantes sur la bonne ou la mauvaise santé du tourisme pendant cette année, à cause des conflits régionaux, de l’instabilité politique galopante, ldes restrictions de visas et des fluctuations monétaires. De quoi redessiner les flux touristiques de fond en comble en temps réel. Conséquence ? le tourisme devient alors un facteur de la stabilité mondiale. A preuve, les destinations perçues sûres et neutres attirent davantage, tandis que d’autres subissent des fluctuations brutales de fréquentation.

Dans ce contexte, la croissance globale masque des écarts importants entre régions. Certaines gagnent des parts de marché, non pas grâce à une stratégie offensive, mais par effet de déplacement des flux.

L’un des enseignements majeurs pour 2026 concerne l’évolution des préférences. Le tourisme rural et de nature deviennent une tendance plébiscitée. Une orientation qui résulte, évidemment, dans le besoin d’espaces ouverts, la sensibilité environnementale et la recherche d’expériences locales.

Pour les experts d’ONU Tourisme, ce segment constitue l’un des moteurs de croissance les plus stables à moyen terme.

Par contraste, les destinations balnéaires dites «soleil» devraient rester stables en 2026, sans forte expansion mais sans recul notable. La demande demeure, mais elle exige désormais davantage de qualité, de durabilité et d’expériences innovantes dans leur authenticité.

Dans cette reconfiguration, le Maroc se retrouve dans une position relativement confortable, par effet d’alignement avec les nouvelles logiques de flux. Dans un environnement international instable, le Maroc bénéficie d’une image de stabilité relative et d’accessibilité. Proximité de l’Europe, connectivité aérienne croissante, coût compétitif… autant de facteurs qui répondent aux arbitrages des voyageurs en 2026. La montée du tourisme rural constitue une opportunité majeure. Atlas, Anti-Atlas, Rif, oasis du Sud, autant de territoires qui correspondent précisément à la demande exprimée.

Les destinations balnéaires marocaines bénéficient de la stabilité de la demande «soleil». Or, la concurrence méditerranéenne oblige une montée en gamme rapide de l’hôtellerie premium, les expériences sportives et bien-être et la diversification hors saison, comme à Saidia, par exemple.

L’optimisme affiché par les institutions internationales tait, pourtant, plusieurs zones d’ombre. En effet, le tourisme reste extrêmement dépendant des prix du carburant et des capacités aériennes. Toute perturbation énergétique ou géopolitique peut modifier les flux en quelques mois. Aussi, la croissance mondiale du tourisme ne profite pas uniformément aux territoires. Certaines destinations concentrent l’essentiel des recettes, tandis que d’autres restent en marge. Autrement, le secteur continue de croître sans transformation radicale de son modèle. La question climatique reste traitée comme un enjeu de communication plus que de structure.

Les perspectives pour 2026 ne dessinent pas un boom spectaculaire, mais une consolidation quand même prudente. Certainement, le tourisme mondial poursuit sa croissance, mais sous surveillance économique, géopolitique et environnementale.

La dynamique enclenchée depuis 2024 se poursuit, mais elle devient plus sélective.

Dans ce paysage, le Maroc dispose d’un avantage comparatif réel. Reste à savoir si cette opportunité sera pérennisée par une stratégie à long terme ou absorbée par une croissance opportuniste.

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