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Quand est-ce que le tourisme entrera au Parlement par la grande porte?

Quels seraient les dossiers que nos professionnels du tourisme devraient, et devaient par le passé, porter devant les instances politiques au Parlement et à la Deuxième Chambre ?

Il y a quelque chose d’assez curieux dans la campagne des législatives marocaines de septembre 2026. Les professionnels ne sont pas nombreux, pour ne pas dire qu’ils constituent une peau de chagrin comparativement au poids socioéconomique du secteur et de sa rentabilité…

Malgré leur très mince représentativité, le tourisme n’a jamais pesé aussi lourd dans l’économie nationale. Il n’a jamais accueilli autant de visiteurs. Il n’a jamais généré autant de devises. Il n’a jamais été aussi directement dépendant de décisions prises dans des domaines qui dépassent largement le périmètre administratif du ministère du Tourisme, en particulier le transport aérien, la fiscalité, la formation, le foncier, l’eau, la mobilité, l’urbanisme, la sécurité sanitaire, les collectivités territoriales, le financement des PME, la diplomatie économique, etc.

Et pourtant, le secteur risque une nouvelle fois d’être traité comme un secteur de promotion plutôt que comme une politique économique à part entière.

C’est précisément là que les quelques professionnels du tourisme qui se présentent aux élections législatives devraient faire une différence. Pas en allant au Parlement raconter que le Maroc est une destination exceptionnelle. Cette phrase n’a aucune utilité législative. Pas davantage en réclamant mécaniquement davantage de campagnes publicitaires, de salons internationaux ou de subventions.

Le véritable plaidoyer serait autrement plus dérangeant, quand il s’agit, au contraire, de d’aborder les problèmes du tourisme en dossiers parlementaires précis, chiffrés, contrôlables et assortis d’échéances.

Car le Maroc est désormais confronté à un problème inédit. Il s’agit plutôt de savoir combien de touristes chaque territoire peut absorber, avec quels équipements, quelle main-d’œuvre, quelle mobilité, quelle ressource en eau, quelle capacité aérienne et quelle rentabilité pour l’économie locale.

Le chiffre de 26 millions de touristes à l’horizon 2030 est désormais inscrit dans la feuille de route nationale. La mission parlementaire qui incombe aux potentiels professionnels élus devrait donc être beaucoup moins confortable : 26 millions, oui. Mais 26 millions où, quand, comment et pour qui ?

  1. Premier dossier : exiger enfin un véritable compte satellite du tourisme

C’est probablement le dossier le moins spectaculaire électoralement et l’un des plus importants économiquement.

Bien sûr, nous parlons beaucoup de visiteurs, de nuitées, de recettes et de capacité hôtelière. Or, le Parlement devrait logiquement et selon l’essence même de son existence disposer d’une lecture beaucoup plus fine de la contribution réelle du tourisme à l’économie nationale.

Combien le tourisme rapporte-t-il réellement au PIB ? Combien d’emplois directs, indirects et induits génère-t-il ? Quelle part de la dépense touristique reste dans les territoires ? Quelle part repart vers les compagnies aériennes, les plateformes internationales, les tour-opérateurs étrangers, les fournisseurs importateurs ou les groupes internationaux ? Quelle est la valeur créée par Marrakech, Agadir, Casablanca, Tanger, Fez, Ouarzazate, Dakhla, etc? Quels sont les rendements économiques des milliards de dirhams d’investissements publics consacrés à l’écosystème touristique ?

Les professionnels parlementaires devraient donc demander un Compte satellite du tourisme régulièrement actualisé, articulé aux comptes nationaux et décliné territorialement. Pas un énième tableau de bord promotionnel.

Un véritable instrument permettant de mesurer la valeur ajoutée, l’emploi, l’investissement, la consommation touristique, les recettes fiscales et les effets indirects du tourisme. Sans cela, le débat sur les 26 millions restera en partie une discussion sur un compteur.

  1. Deuxième dossier : croissance des arrivées ne veut pas dire performance touristique automatique

Au premier trimestre 2026, 4,3 millions de touristes ont été accueillis, soit une progression de 7 %. Les recettes voyages ont atteint 31 milliards de DH, en hausse de 24 %.

Ces chiffres sont évidemment importants. Mais le professionnel devenu parlementaire devrait poser cette question: quelle partie de cette croissance se convertie réellement en richesse équitable pour les entreprises marocaines et les territoires ?

Il faut désormais aux éventuels parlementaires professionnels du tourisme de dépasser le seul indicateur des arrivées.

Plutôt, remplacer progressivement la logique du « combien de touristes ? » par celle du « combien de valeur créée ? » serait beaucoup plus intéressant… Et c’est beaucoup moins spectaculaire.Mais infiniment plus utile.

  1. Troisième dossier : l’aérien, probablement le vrai goulot d’étranglement du tourisme marocain

Le Maroc a, selon l’Onda, battu en 2025 un record de trafic aérien avec 36,3 millions de passagers dans ses aéroports.

Cette croissance change complètement la nature du problème. Mais comment organiser une connectivité aérienne cohérente avec la stratégie touristique nationale ?

Un parlementaire professionnel du tourisme élu devrait demander au gouvernement un véritable contrat national de connectivité touristique.

Il devrait notamment porter sur la desserte internationale des destinations secondaires, la continuité des liaisons domestiques, la coordination entre ONDA, ONMT, compagnies aériennes et régions, la transparence des mécanismes d’aide à l’ouverture des lignes. l’évaluation économique des routes soutenues par des fonds publics, la protection de la connectivité des territoires enclavés, la programmation des vols en fonction des saisons touristiques. l’intermodalité avion-train-autocar, la qualité de l’expérience passager, etc.

La politique aérienne touristique devrait donc devenir un sujet parlementaire à part entière.

  1. Quatrième dossier : arrêter de construire des lits sans mesurer leur utilisation

C’est probablement le dossier le plus sensible pour les professionnels.

Notre pays veut augmenter massivement sa capacité d’hébergement pour accompagner la croissance touristique et l’objectif de 2030. Or, le Parlement devrait refuser cet logique purement arithmétique et simpliste du plus de touristes équivaut à plus de lits.

Le véritable sujet à soulever devient donc celui du rendement de la capacité touristique régionale. La politique des lits devrait devenir une politique territoriale de capacité, et non un concours national au nombre de chambres.

  1. Cinquième dossier : le grand pêle-mêle du tourisme intérieur

Dépassé que l’on continue de parler beaucoup du marché international et relativement peu du citoyen marocain comme consommateur touristique. C’est une erreur stratégique.

Le tourisme intérieur, et les faits le prouvent largement, joue un rôle d’amortisseur économique, notamment lorsque certains marchés internationaux ralentissent. Ironie du sort, l’offre est souvent déclinée selon une logique saisonnière et géographique très imparfaite.

Un parlementaire issu du secteur devrait demander un véritable plan national du tourisme intérieur, portant sur la tarification en haute saison, la mobilité ferroviaire et routière, l’offre familiale, les hébergements accessibles, le tourisme culturel, les destinations rurales, les vacances scolaires, les courts séjours, la valorisation des villes moyennes et les produits touristiques hors littoral.

Le sujet n’est pas de subventionner les vacances. Il est de créer les conditions permettant à davantage de Marocains de voyager dans leur propre pays dans des conditions économiquement raisonnables.

  1. Sixième dossier : faire du tourisme une véritable politique de développement régional

L’exception marocaine est connue : le tourisme est national dans sa promotion mais profondément territorial dans ses conséquences.

Une chambre d’hôtel se trouve dans une commune. Un site naturel se trouve dans une province. Un festival mobilise une ville. Une plage relève d’une organisation locale du domaine public. Un musée dépend d’une politique culturelle. Un circuit touristique dépend de routes, de transports, de signalétique, de sécurité, de propreté et de services locaux…

Il devient donc difficile de gérer efficacement le tourisme depuis Rabat uniquement.

Les professionnels candidats devraient porter une décentralisation touristique beaucoup plus opérationnelle. Pour cela, les Conseils régionaux du tourisme devraient notamment disposer d’une capacité accrue d’analyse, de contractualisation et de suivi. Mais surtout, les régions devraient recevoir des indicateurs touristiques suffisamment détaillés pour pouvoir prendre leurs propres décisions.

Aujourd’hui, demander à une région de développer son tourisme sans lui donner une lecture complète de ses flux revient parfois à piloter dans le brouillard.

  1. Septième dossier : la formation, ou comment éviter que les 26 millions de touristes ne produisent 26 millions de problèmes de service

Le tourisme est avant tout une industrie de main-d’œuvre. Et c’est précisément ce qui rend le capital humain stratégique.

Le ministère a annoncé en juin 2026 que plus de 6 000 professionnels avaient été certifiés dans le cadre des dispositifs de montée en compétences, avec le lancement de la troisième édition du programme KAFAA.

C’est utile. Mais le questionnement parlementaire devrait être plus vaste. Où sont les compétences nécessaires à la croissance prévue ? Y aurait-il une véritable carte nationale des besoins en compétences touristiques en cuisine, hébergement, maintenance, management hôtelier, revenue management, distribution numérique, langues, guidage, animation, MICE, tourisme médical, tourisme culturel, tourisme durable, technologies numériques et IA? Comment comparer cette demande avec les sorties des établissements de formation?

Le problème n’est pas uniquement de former davantage. Il faut aussi rendre les métiers touristiques plus attractifs, améliorer les trajectoires professionnelles et réduire le décalage entre les compétences enseignées et celles demandées par les entreprises.

  1. Huitième dossier : les PME touristiques doivent cesser d’être les sous-traitants invisibles de la croissance

Le tourisme marocain est souvent présenté à travers les grands groupes hôteliers, les compagnies aériennes et les grandes destinations. Mais l’écosystème réel est constitué d’une multitude de PME : agences de voyages, guides, transporteurs, restaurateurs, animateurs, prestataires culturels, organisateurs d’événements, entreprises digitales, artisans et opérateurs de loisirs.

Ce sont souvent eux qui encaissent les premiers chocs.

Un parlementaire professionnel devrait donc s’interroger sur comment faire en sorte que la croissance du tourisme enrichisse également son tissu entrepreneurial national ?

  1. Neuvième dossier : le foncier touristique, sujet politiquement explosif et économiquement incontournable

Les parlementaires issus du secteur devraient demander une cartographie publique des disponibilités foncières destinées au tourisme, des statuts juridiques et des projets bloqués. Et,surtout, demander à mesurer les effets des politiques foncières sur le coût final du produit touristique.

Car lorsqu’un hôtel devient trop coûteux à construire, le problème finit rarement chez le promoteur. Il finit dans le prix de la chambre.

  1. Dixième dossier : l’eau car le tourisme ne pourra pas être exempté de la contrainte climatique

C’est probablement le sujet que les discours touristiques évitent encore le plus. Un Maroc confronté au stress hydrique ne peut pas planifier son tourisme comme si l’eau était une ressource infinie.

Un élu issu du secteur devrait donc exiger que tout grand projet touristique comporte une véritable analyse hydrique de la consommation par chambre et par nuitée, les besoins des piscines et golfs, la réutilisation des eaux usées, etc.

Qui plus est, le ébat sur le tourisme durable doit sortir des brochures. La question devient très concrète dans des cercles professionnels: combien de litres d’eau faut-il pour produire une nuit touristique dans chaque type de destination ? Ce chiffre devrait être aussi banal que le taux d’occupation.

  1. Onzième dossier : revoir la fiscalité touristique

Bien entendu, l’industrie touristique marocaine est confronté à une fiscalité complexe. Nos parlementaires devraient plutôt demander une évaluation complète de la pression fiscale et parafiscale sur la chaîne touristique. En hôtellerie, restauration, transport touristique, agences de voyages, loisirs, MICE, guides, investissements, rénovation, etc.

Pourquoi donc ? distinguer entre la fiscalité qui décourage l’investissement productif et celle qui constitue une contribution normale à l’effort collectif. Le débat sérieux n’est donc pas « moins d’impôts ». C’est quelle fiscalité permet au tourisme de rester compétitif sans créer de distorsions entre opérateurs ?

  1. Douzième dossier : la rénovation du parc existant doit passer avant certaines constructions neuves

Certainement , notre pays peut avoir simultanément besoin de nouvelles chambres et de rénovation. Mais les deux politiques ne doivent pas être confondues.

Un établissement vieillissant dans une destination mature, telle que Marrakech par exemple, peut représenter une capacité nominale importante mais une capacité commerciale faible.

Construire n’est pas toujours créer de la capacité.

Réhabiliter peut parfois créer davantage de capacité utile qu’une construction neuve.

  1. Treizième dossier : Airbnb, plateformes numériques et économie informelle

Il devient difficile de parler sérieusement de politique touristique sans traiter les plateformes numériques.

Le problème n’est pas de désigner les plateformes comme ennemies. Elles répondent à une demande réelle. Le problème est l’égalité des règles.

Un hôtel déclaré, soumis aux normes de sécurité, aux obligations fiscales et aux charges sociales, ne peut durablement évoluer dans un marché où certains hébergements touristiques échappent aux mêmes contraintes.

Le professionnel parlementaire devrait donc organiser un cadre clair pour l’hébergement touristique numérique d’enregistrement, de sécurité, de fiscalité, d’assurance, de statistiques et de responsabilité.

La tendance n’est pas nécessairement de supprimer l’offre informelle. Il est de la faire entrer dans l’économie réelle. Pourquoi pas ?

  1. Quatorzième dossier : le transport touristique, parent pauvre de la politique touristique

Il faudrait forcément une réforme du transport touristique portant sur le renouvellement du parc, le financement des véhicules, la transition énergétique, les licences, la réglementation, la formation des chauffeurs, la digitalisation, l’intermodalité, la desserte des zones rurales…

Pour la bonne raison que la qualité touristique commence rarement à la réception de l’hôtel. Elle commence souvent sur le trajet entre l’aéroport et la destination.

  1. Quinzième dossier : sortir le tourisme culturel de la brochure

Le Maroc dispose d’un patrimoine considérable. Mais un monument n’est pas automatiquement un produit touristique.

En effet, un site culturel doit pouvoir être accessible, ouvert, signalé, interprété, animé, connecté à un circuit, commercialisé et économiquement relié à son territoire.

Nos parlementaire issus du secteur devraient donc défendre une approche beaucoup plus intégrée entre tourisme, culture et collectivités. Un site patrimonial qui attire des visiteurs sans créer de séjour, de consommation locale ou d’emploi reste un actif touristique sous-exploité.

  1. Seizième dossier : le tourisme rural et les territoires périphériques

Le développement touristique marocain reste fortement concentré. Marrakech, Agadir, Casablanca, Tanger, Rabat et quelques autres destinations captent l’essentiel de la visibilité. Mais une politique de 2030 ne peut pas simplement agrandir les pôles déjà puissants. Il faut construire des corridors touristiques territoriaux reliant plusieurs petites destinations.

Le tourisme rural pourrait ainsi être conçu non comme une collection de maisons d’hôtes isolées, mais comme un véritable système regroupant hébergement, gastronomie, artisanat, randonnée, patrimoine, mobilité, guides, événements et distribution.

Le Parlementaire pourrait demander que les investissements publics soient évalués en fonction de leur capacité à créer ces écosystèmes plutôt qu’en fonction du seul nombre de projets annoncés.

  1. Dix-septième dossier : le tourisme événementiel doit laisser quelque chose derrière lui

Le Maroc entre dans une séquence exceptionnelle avec les grands rendez-vous sportifs et internationaux de la fin de la décennie.

Mais un événement doit produire des infrastructures réutilisables, des compétences, des réseaux professionnels et une image durable.

Le Parlementaire devrait donc demander un bilan économique post-événement systématique. Combien de visiteurs supplémentaires ? Combien de nuitées ? Combien de dépenses ? Combien d’emplois ? Combien d’entreprises marocaines bénéficiaires ? Quels équipements resteront après l’événement ?

C’est ainsi que l’on distinguera un événement coûteux d’un véritable investissement territorial.

Et surtout, il doit contrôler, pas seulement réclamer. C’est peut-être le point essentiel.

Un professionnel du tourisme qui entre au Parlement ne devrait pas devenir un lobbyiste supplémentaire demandant à l’État davantage de moyens pour son secteur.

Il pourrait faire quelque chose de beaucoup plus utile, contrôler l’exécution des politiques touristiques. Combien de mesures de la feuille de route ont été exécutées ? Avec quel budget Quels résultats ? Dans quelles régions ? Quels projets sont en retard ? Quels dispositifs ont été abandonnés ? Quels investissements publics n’ont pas produit les effets attendus ? Quels contrats ont été évalués ? Quels indicateurs ont progressé ?

Si les dossiers que nous avons aléatoirement suggéré devaient être réduits à un socle parlementaire cohérent, il pourrait être résumé ainsi :

  1. Un compte satellite du tourisme réellement opérationnel et territorialisé.
  2. Une politique aérienne nationale intégrant les besoins des destinations secondaires.
  3. Un observatoire public de la capacité touristique réelle, et pas seulement du nombre de lits.
  4. Un plan national de formation et d’attractivité des métiers du tourisme.
  5. Une politique de financement et de rénovation des PME et établissements existants.
  6. Une stratégie nationale du tourisme intérieur.
  7. Une politique touristique régionale dotée de données, de moyens et de responsabilités réelles.
  8. Un cadre équitable pour l’hébergement touristique numérique.
  9. Une doctrine nationale sur l’eau, l’énergie et la capacité environnementale des destinations.
  10. Un mécanisme parlementaire annuel d’évaluation de la politique touristique.

Le tourisme marocain n’a probablement pas besoin de très nombreux élus supplémentaires capables de réciter les performances du secteur. Il a besoin d’élus capables de poser les questions que personne ne souhaite entendre.

Pourquoi certaines lignes aériennes sont-elles maintenues et d’autres abandonnées ? Pourquoi certains territoires accumulent-ils les investissements alors que d’autres restent à l’écart ? Pourquoi parle-t-on de capacité hôtelière sans toujours distinguer capacité théorique et capacité réellement opérationnelle ? Pourquoi dispose-t-on de dizaines d’indicateurs touristiques sans disposer d’une lecture économique territoriale suffisamment intégrée ? Pourquoi les PME touristiques restent-elles souvent en bout de chaîne alors qu’elles constituent l’essentiel du tissu entrepreneurial ? Quelle quantité d’eau supplémentaire les 26 millions de touristes nécessiteront-ils ? Combien d’emplois qualifiés faudra-t-il réellement ? Combien coûtera l’inaction ?

Voilà probablement la question qui devrait accompagner les professionnels du tourisme candidats aux législatives du 23 septembre 2026. Car le tourisme marocain a changé de dimension.

Avec 19,8 millions de visiteurs en 2025, 894 000 emplois directs recensés pour la même année et des recettes voyages qui ont atteint 31 milliards de DH dès le premier trimestre 2026, il n’est plus raisonnable de le traiter comme une simple activité de services ou comme un secteur de communication.

Il est devenu une infrastructure économique du pays. Et une infrastructure économique mérite autre chose que des slogans. Elle mérite des comptes, des données, des arbitrages, des contrôles et, parfois, des refus.

Le rôle d’un professionnel du tourisme élu ne devrait donc pas être de promettre davantage de tourisme. Il devrait être beaucoup plus exigeant. Faire en sorte que chaque touriste supplémentaire produise davantage de valeur, davantage d’emplois qualifiés, davantage de retombées territoriales.

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