17 juin 2024

Comment réinventer la relation  entre l’administration et les citoyens ?

Il y a une véritable crise de confiance numérique qui pèse sur le décollage de l’E-Gov au Maroc et qui pousse à repenser la place, le rôle et les attentes du citoyen dans le dispositif des différentes stratégies digitales.

Au cours des dernières décennies, le Maroc a fait du numérique l’une des priorités de son développement durable, en en faisant un axe central de sa gouvernance. De nombreuses politiques ambitieuses ont ainsi été mises en place, et cette transition digitale accélérée est perceptible dans de nombreux secteurs clés de l’économie marocaine. De Maroc Numeric 2013 à la vision Morocco Tech, le Maroc a clairement fait du numérique un enjeu de gouvernance, surtout avec la prise de conscience suscitée par la pandémie de Covid-19 quant à l’importance des outils digitaux dans nos sociétés.

Cependant, le constat amer est que, dans cette dynamique, le chantier de l’E-gouvernance affiche un certain retard. Ce retard est d’ailleurs corroboré par le récent rapport des Nations Unies sur l’E-Gov, classant le Royaume à la 101ème place sur 193 pays. Plus précisément, le Maroc est classé 113ème en ce qui concerne les services en ligne, 82ème pour l’infrastructure télécom et 133ème pour le capital humain. Ces chiffres sont nettement en deçà des ambitions et des efforts déployés par le Maroc pour digitaliser son administration et dématérialiser les services publics. Pourtant, le contexte pandémique aurait pu constituer une opportunité propice à un bond en avant en matière d’E-Gov.

Il est indéniable qu’aujourd’hui, il existe une véritable crise de confiance numérique, qui pèse en grande partie sur le décollage de l’E-Gov au Maroc. Dans un rapport critique sur la situation de l’E-Gov dans le pays, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) explique : « À l’heure actuelle, l’E-Gov marocain ne représente pas d’avantage numérique significatif aux yeux de l’utilisateur, et ne contribue pas à susciter un engouement Internet chez ce dernier. Ainsi, l’utilisateur de l’E-Gov marocain ne manifeste ni enthousiasme ni confiance à l’égard des procédures et des services en ligne. Le caractère dématérialisé et virtuel des démarches, combiné à la crainte des mauvaises surprises, suscite une certaine inquiétude. L’utilisateur se sent plus en sécurité en accomplissant les procédures de manière traditionnelle, malgré les critiques qu’il peut formuler à leur égard. »

Afin de débattre de ce thème névralgique, Economie Entreprises Live organise une conférence-débat intitulée « L’e-gov.ma : de l’expérience client à l’engagement citoyen » le 10 juillet à l’Hôtel Fairmont Marina à Rabat. Cette conférence offrira l’occasion aux dirigeants d’établissements publics, aux experts, aux investisseurs, aux bailleurs de fonds et aux représentants institutionnels de débattre de la thématique de l’E-Gov ainsi que des enjeux qui font de cette transition un levier d’efficacité et, surtout, de compétitivité économique.

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